La Justice pioche de plus en plus ses infos sur Facebook

©ANP XTRA

Facebook est sous les feux des critiques pour la collection des données de ses utilisateurs. Son patron sera d'ailleurs auditionné sur la question en fin d'après-midi par les parlementaires européens. Pourtant, même chez nous la Justice n'a jamais autant eu recours à l'analyse de ces données...

Rien qu'en un an, Facebook a reçu des demandes des autorités judiciaires belges pour obtenir des informations sur 1.560 comptes d'utilisateurs. En 2013, on en était à peine à 365... Ces informations issues des réseaux sociaux aident la justice au niveau des enquêtes, des crimes raciaux, des escroqueries ou même la lutte contre le terrorisme.

Sur les 1.560 comptes contrôlés l'an dernier, 1.065 demandes d'informations ont été introduites dont 48 avec un caractère urgent.

Si Facebook est de plus en plus sollicité par la Justice, le réseau social est aussi de plus en plus appelé à diffuser certaines informations. Au second semestre 2017, 87% des demandes judiciaires ont abouti à la publication par Facebook de "certaines informations", contre 65% en 2013.

Vers plus de collaboration 

En février dernier, le ministre de la Justice, Koen Geens, s'était rendu à San Francisco afin de rencontrer des représentants du géant technologique. Il souhaitait les inviter à une meilleure collaboration.

Le ministre soulignait le temps perdu parce que Facebook et d'autres acteurs prennent trop de temps pour répondre aux demandes de la Justice. Certes, il avait reconnu que dans de nombreux cas, ce délai permet d'éviter les procédures légales. Pour Koen Geens, il est donc impératif que les décideurs américains et européens soient conscients de la nécessité d'arriver à un encadrement législatif plus clair.

La Belgique n'est pas le seul pays à collaborer avec Facebook. La société de Mark Zuckerberg reçoit des demandes des quatre coins du globe. Le nombre de questions a ainsi triplé en quatre ans passant de 53.754 demandes en 2013 à 161.231 en 2017. La majorité de ces demandes provenaient des États-Unis: plus de 65.000 sur près de 106.000 utilisateurs. Le deuxième pays est l'Inde, qui a soumis des demandes pour environ 31.000 comptes.

Notons enfin que dans le chef de Facebook, la société répondait en 2013 à six demandes sur dix. Un ratio accru à sept sur dix l'an dernier. Par ailleurs, elle a publié 75% des demandes de données sur son site.

Zuckerberg face aux parlementaires européens

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, est attendu ce mardi dès 18h20 au Parlement européen à Bruxelles. Auparavant, il s'entretiendra avec le président Tajani.  Il doit s'expliquer sur les lacunes du réseau en matière de la protection des données; et ce dans la foulée du scandale Cambridge Analytica. Son audition sera finalement diffusée en direct sur internet. 

Antonio Tajani tiendra une conférence de presse vers 19h30.

L'homme s'était déjà excusé devant les parlementaires américains. Il avait reconnu n'avoir pas "pris une mesure assez large des responsabilités" aussi bien dans la protection des données que dans la propagation des "fake news" (fausses nouvelles), dans les ingérences étrangères lors des élections ou encore concernant les discours haineux sur internet.

 

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