La justice s'intéresse à l'affaire De Decker

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Le parquet de Bruxelles a ouvert en 2013 une information contre X dans l'affaire De Decker-Chodiev. Mais à ce stade, rien ne permet d'impliquer le ministre d'Etat d'une manière ou d'une autre.

Dans l'affaire Chodiev-De Decker, le parquet de Bruxelles a ouvert en 2013 une information judiciaire contre X. A ce stade du dossier, aucun élément du dossier ne permet d'impliquer le ministre d'État et député bruxellois MR Armand De Decker et aucun juge d'instruction n'a été saisi, a indiqué samedi une porte-parole du parquet, confirmant ainsi une information parue dans le quotidien La Capitale.

Dans le courant de la semaine dernière, des contacts ont été établis entre le parquet de Bruxelles, le parquet fédéral, le parquet général et les autorités françaises. Cet échange d'informations s'inscrivait dans le cadre d'une enquête française visant à établir si des faits frauduleux ont eu lieu dans le chef de l'entourage de l'ancien président français Nicolas Sarkozy. Aucune requête de commission rogatoire émanant de la justice française n'a pour l'heure été introduite.

L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, est soupçonné selon plusieurs médias d'avoir fait pression sur le Sénat belge en 2011 afin d'adoucir le sort d'hommes d'affaires d'origine kazakhe poursuivis en Belgique, et ce afin de permettre la conclusion d'un contrat de vente d'hélicoptères entre la France et le Kazakhstan. Ce contrat de deux milliards d'euros portait sur l'achat de 45 hélicoptères fabriqués par Eurocopter (devenu Airbus Helicopters).

Des enquêteurs français se demandent si l'ancienne équipe au pouvoir a pu faire pression sur des parlementaires belges à la demande du président Nazarbaïev pour adopter une disposition législative permettant un abandon de poursuites pénales dont avait bénéficié l'homme d'affaires belgo-kazakh, Patokh Chodiev, et deux de ses associés.

Ces trois hommes ont en effet bénéficié en juin 2011, après avoir négocié avec le parquet bruxellois, d'une transaction pénale entraînant l'abandon des poursuites les visant, en échange du paiement d'une somme de 23 millions d'euros. Ce règlement à l'amiable a été rendu possible grâce à l'adoption en urgence, par le Sénat belge, en mars 2011, d'une disposition, introduite par un amendement déposé in extremis, étendant les possibilités d'extinction de l'action publique moyennant le paiement d'une somme d'argent.

Armand De Decker nie toute pression de l'ex-président français. "J'en ai marre d'être une victime collatérale de journalistes français qui cherchent à nuire à M. Sarkozy. Ils ne savent pas que j'ai été pendant huit ans le gardien de la déontologie du Sénat en y exerçant la présidence", se défendait-il mercredi. Il conteste également avoir reçu une somme de 734.346 euros, comme l'écrivait l'hebdomadaire Le Canard enchaîné mercredi, reconnaissant qu'il a perçu des honoraires en tant qu'avocat dans cette affaire, dont le montant était moindre que celui cité. FCH/

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