La N-VA veut un aval des ambassadeurs par la Chambre

A la manoeuvre, la députée fédérale Anneleen Van Bossuyt, proche de celui qui fut huit mois ministre belge de la Défense, Sander Loones.

Les chefs des missions diplomatiques pourraient bientôt avoir à démontrer leurs capacités devant les parlementaires. Objectif? Eviter les nominations purement politiques.

Ils sont les antennes et le visage de notre pays sur la scène internationale. Alors, savoir les ambassadeurs nommés sur base de leur appartenance politique, au même moment où la Belgique se voit de plus en plus souvent confrontée à un contexte international multipolaire, changeant et imprévisible, c'était trop pour la N-VA.

La députée nationaliste Anneleen Van Bossuyt a donc déposé la semaine passée une proposition de loi à la Chambre pour changer la donne. Objectif? Déboucher sur une plus grande objectivation du recrutement et professionnalisation du corps diplomatique. Ou, à tout le moins, des chefs de missions à l'étranger.

L'idée serait un recours à un avis parlementaire non contraignant dans la nomination des chefs de mission diplomatique.
Anneleen Van Bossuyt
Députée fédérale (N-VA)

Dans le texte, la Gantoise demande à l'avenir l'instauration, "dans le plein respect de la répartition des compétences constitutionnelles", d'un "recours à un avis parlementaire non contraignant" dans le cadre du choix des ambassadeurs. Qui seraient dès lors évalués sur base de critères "objectifs et mesurables" tels que leurs connaissances linguistiques et leur expérience par l'hémicycle. Tout ceci "en fonction des besoins du département, des choix politiques du ministre, de l'importance du poste, de la situation administrative à la lumière du principe de rotation et de l'expérience des candidats ainsi que de leurs aptitudes spécifiques et de leurs souhaits personnels", évoque l'auteure.

Contrôle démocratique...

Ce qui comporterait plusieurs avantages, à savoir de permettre à la Chambre "d'exercer correctement sa fonction de contrôle" ou encore "de conforter son lien avec le corps diplomatique". En plus de veiller à une dépolitisation voulue croissante, au profit d'une recherche des "bonnes qualifications" parmi les futurs représentants du pays à l'étranger.

Les audiences des concernés se feraient alors à huis clos, suggère Anneleen Van Bossuyt, de même que, pour des raisons pratiques, tous les candidats à un moment donné pour diverses fonctions pourraient être entendus lors d'une même séance, et non sur une base individuelle.

... mais séparation des pouvoirs?

Quid de la séparation des pouvoirs? "Il ne serait pas porté atteinte au principe", d'après la députée. Et pour cause, dans les faits, déjà, "un ambassadeur rend compte à son ministre et au gouvernement, mais représente aussi le pouvoir législatif de la Belgique à l'étranger". C'est ainsi qu'un chef de poste peut être convoqué "à proposer du travail législatif ou des résolutions adoptées par le Parlement". Quand il peut aussi "être habilité à conclure des traités au nom de l'Etat belge".

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés