La nouvelle mission de Maingain est un "lot de consolation" selon le MR

Françoise Schepmans, cheffe de groupe MR au parlement bruxellois. ©Photo News

Dans la dernière ligne droite des négociations bruxelloises, Olivier Maingain a obtenu la création d'un poste de délégué aux relations entre Bruxelles, la Wallonie et la Fédération. Les libéraux évoquent un lot de consolation de dernière minute.

Alors que les négociations visant à former un gouvernement bruxellois touchaient à leur fin en juillet dernier, le président de DéFI a obtenu la création d'un tout nouveau poste visant à renforcer les liens entre les Régions wallonne et bruxelloise ainsi que la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les contours de cette fonction qui sera exercée à titre gratuit par Olivier Maingain ne sont pas définitivement fixés, mais il ne semble pas exclu que le futur agent de liaison des francophones puisse bénéficier d'une sorte de cabinet composé de plusieurs collaborateurs, a fait savoir le ministre-président Rudi Vervoort (PS).

"Les formations politiques du gouvernement bruxellois ont ignoré, en prétextant l'autonomie régionale, des questions aussi importantes pour l'avenir de Bruxelles et de la Belgique pour se limiter à un programme sans ambition."
Françoise Schepmans
Cheffe de groupe MR au parlement bruxellois

Les libéraux bruxellois remettent en cause l'utilité de cette nouvelle fonction. "Son utilité? Ce n'est pas très clair. Il s'agirait d'une sorte d'agent de liaison qui serait chargé de renforcer les liens entre les Régions et la Fédération... Ces mêmes liens qui ont été ignorés durant les négociations. Inutile de chercher la cohérence, car, dans le cas présent, il semblerait qu'il s'agisse plutôt d'un lot de consolation de dernière minute. Au-delà de la question de l'opportunité d'une telle fonction, le groupe MR au Parlement bruxellois plaide surtout pour de vraies politiques fortes et concertées entre Bruxellois et Wallons", déclare la cheffe de groupe MR au parlement bruxellois Françoise Schepmans.

Selon la députée bruxelloise et ancienne bourgmestre de Molenbeek, le MR a rappelé à de multiples reprises durant les négociations bruxelloises la nécessité de tenir compte des enjeux fondamentaux tels que l'enseignement et la culture au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Comment réussir à doper l'emploi et la formation dans une ville sans se préoccuper de l'enseignement qui concerne aussi bien les Bruxellois que les Wallons? Comment solutionner la question de la mobilité sans proposer des alternatives aux milliers navetteurs qui viennent des deux autres régions? Comment rencontrer les objectifs environnementaux et climatiques si l'on n'est pas capable d'en parler avec ses voisins de Flandre et de Wallonie? Les formations politiques du gouvernement bruxellois (PS, Ecolo et Défi côté francophone, NDLR) ont ignoré, en prétextant l'autonomie régionale, des questions aussi importantes pour l'avenir de Bruxelles et de la Belgique pour se limiter à un programme sans ambition."

Toujours selon Françoise Schepmans, le gouvernement bruxellois n'a pas jugé utile de rechercher des politiques fortes qui puissent réunir Bruxellois et Wallons sur des objectifs partagés. "À défaut de projets ambitieux et de cohérence, les formations politiques du gouvernement inventent une nouvelle fonction: un délégué aux relations entre Bruxelles, la Wallonie et la Fédération", déplore-t-elle.

Pour le cdH, désormais dans l'opposition, il est en effet nécessaire de renforcer les relations entre les partis francophones et de garder un lien fort entre Bruxelles et la Wallonie. Pour autant, la cheffe de groupe Céline Fremault trouve "hallucinant" qu'il faille "créer un nouveau " brol " institutionnel aux contours imprécis, au financement et aux procédures de sélection du dit " agent de liaison " non déterminés".

L'humaniste interpellera le gouvernement PS - Ecolo - Defi sur ce nouvel accord non présenté lors de la DPG de juillet 2019, a-t-elle fait savoir sur Twitter.

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