Sophie Wilmès a lancé le combat du virus au niveau local. Bourgmestres et gouverneurs sont sollicités. Mais ce ne sera pas suffisant.

Telle une Mère Courage. C’est l’image qu’a renvoyé la Première ministre lors de son point presse à l’issue du Conseil national de sécurité. Telle l’héroïne de Berthold Brecht, Sophie Wilmès a tiré sa carriole de mesures dans une Belgique fébrile où apparaissent çà et là des recrudescences inquiétantes de contaminations. Port du masque obligatoire dans les espaces à forte fréquentation, clôture anticipée des magasins de nuit, formulaires à remplir dans les restaurants, pour les voyages à l’étranger.

Telle la Mère Courage, elle a aussi tancé ses enfants. Finis les comportements déviants : faire la fête, danser, discuter de tables en tables dans les cafés ; ou encore ces comportements de vacanciers où toute inhibition est piétinée en dépit des règlementations.

" Je sais que c’est agréable, mais quand même… ", a lâché Sophie Wilmès dans le seul écart à son texte au demeurant ultra-balisé. Et cet appel, répété ad nauseam, à respecter les gestes barrières: ce ne sont pas des conseils, mais des consignes, avec tout ce que ce terme a de coercitif

La Première ministre a raison de nous dire que le maintien de cette liberté retrouvée, toute approximative soit-elle, dépend du comportement de tout un chacun. Le CNS a également raison de confier une responsabilité croissante aux autorités locales : aux bourgmestres et aux gouverneurs de province. C’est à ce niveau que des foyers de contamination peuvent être freinés avant de se transformer en une deuxième vague nationale, et en un lockdown destructeur.

Comment les citoyens peuvent-ils faire confiance à leurs édiles si, à l’échelon supérieur de l’Etat, des contradictions apparaissent au grand jour comme ce fut le cas ces deux dernières semaines?

Mais le local n'est que la partie d'un tout. Comment les citoyens peuvent-ils faire confiance à leurs édiles si, à l’échelon supérieur de l’Etat, des contradictions apparaissent au grand jour comme ce fut le cas ces deux dernières semaines? Comment les citoyens peuvent-ils collaborer à un traçage efficace de leurs contacts si la procédure au niveau régional reste aussi laborieuse, et si l’application smartphone n’arrivera qu’en septembre, après les transhumances de l’été?

L’exercice ce jeudi de Sophie Wilmès a apporté son lot de pugnacité face à l’adversité. Il ne faudrait pas que, comme dans la pièce de Brecht, Mère Courage en vienne à perdre ses enfants en cours de route.

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