La pénurie de compétences coûte cher aux entreprises

©David Rozing/HH

Selon une étude du cabinet de conseil international PwC, la pénurie de personnel qualifié a coûté 3,1 milliards d’euros aux entreprises belges en 2018. Un manque à gagner qui ralentit l’économie et empêche les entreprises d’assurer leur transformation technologique.

Après avoir interrogé des entreprises privées réparties dans 31 pays européens, le cabinet PwC est catégorique: la pénurie de qualification pèse lourdement sur l’économie belge.

Ce phénomène touche toute l’Europe et particulièrement la Belgique, qui fait face à un manque important de main-d’œuvre. Elle est d’ailleurs mauvaise élève dans ce domaine puisqu’elle est le deuxième pays du continent à avoir le niveau d’emplois vacants le plus élevé en Europe. La République tchèque est la première de ce classement peu glorieux. En 2018, ce taux d’emplois vacants par rapport aux emplois disponibles en Belgique s’élevait à 3,5%. Un taux bien supérieur lorsque l’on sait que l’Allemagne ne dépasse pas les 3% ou encore que la moyenne européenne atteint les 2,2%.

414 milliards d’euros

En février dernier, la Banque nationale de Belgique proposait ainsi de stimuler l’orientation des études vers les filières sans candidat. Une initiative qui voulait redonner un coup de pouce aux entreprises cherchant des profils pour les accompagner dans leur transformation technologique.

3,1
milliards
La société de consultance PwC estime que les entreprises privées belges auraient perdu 3,1 milliards d’euros en 2018, en raison de la pénurie de personnel qualifié dans le pays.

Le rapport de PwC montre que la situation n’a pas fondamentalement changé. Les entreprises privées belges auraient ainsi perdu 3,1 milliards d’euros en 2018. À l’échelle européenne, l’année 2019 pourrait même se solder par une perte de revenus de 414 milliards d’euros. À titre comparatif, ce manque à gagner dû à la pénurie de compétences dépasse le PIB annuel combiné de la Grèce et du Portugal. Il correspond à 2,6% du PIB européen.

Numérisation

L’absence de professionnels qualifiés empêche aussi les entreprises d’assurer efficacement leur transformation numérique. 41% des entreprises privées interrogées en Europe aimeraient trouver des techniciens. Mais les entreprises elles-mêmes ont encore du mal à identifier le profil type du candidat idéal.

23%
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Seuls 23% des 90 dirigeants d’entreprise belge interrogés considèrent la pénurie comme problématique pour leurs activités.

Et pourtant, même si la pénurie ne semble pas près de se terminer, les entrepreneurs belges gardent le sourire. Seuls 23% des 90 dirigeants d’entreprise belge interrogés considèrent la pénurie comme problématique pour leurs activités. Philippe Vyncke, de chez PwC Belgium, se méfie de ce paradoxe entre la pénurie et cet optimisme. D’après lui, même si les entreprises belges espèrent saisir davantage d’opportunités qu’en 2018, il ne faut pas oublier que les besoins d’experts numériques ou encore d’ingénieurs et de cadres supérieurs sont plus importants en Belgique qu’ailleurs.

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