La pénurie de profs grève le développement de l'immersion linguistique

Caroline Désir assure que de nouvelles pistes sont étudiées pour lutter contre la pénurie d'enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles. ©Wouter Van Vooren

La crise sanitaire et la pénurie d'enseignants freinent les initiatives visant à améliorer l'apprentissage des langues dans les écoles francophones.

Renforcer l'apprentissage des langues à l'école, c'est l'un des objectifs repris dans la déclaration de politique de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).  Si l'ambition est présente, on ne peut pas encore en dire autant des résultats.

Il faut le reconnaître: le contexte n'aide pas. Avec la crise du coronavirus, certaines initiatives ont été mises en veilleuse. Pas question pour autant de baisser les bras, les objectifs restent d'actualité, a laissé entendre mardi la ministre de l'Education Caroline Désir (PS) en commission parlementaire.

Développer l'immersion? Pas si simple...

Afin d'améliorer les connaissances des jeunes en néerlandais, anglais ou encore allemand, une piste mentionnée dans la déclaration du gouvernement consiste à poursuivre le développement de l'immersion, un système dans lequel une partie des cours sont assurés dans une autre langue que le français. Actuellement, la FWB compte 209 implantations pratiquant l'immersion dans le fondamental et 123 dans le secondaire. En primaire, 20.045 élèves (6,2%) sont aujourd'hui inscrits dans un enseignement immersif, tandis qu'ils sont 19.306 (5,32%) à l'être dans le secondaire.

5,32%
Des élèves du secondaire
Actuellement, 19.306 élèves du secondaire, soit 5,32% du total, sont inscrits dans l'enseignement immersif.

L'ambition de poursuivre le développement de ces initiatives, auxquelles les écoles sont libres de recourir ou pas, se heurte cependant à plusieurs écueils. Dans un rapport de 2019, l'Inspection pointait en particulier les importantes difficultés de recrutement d'enseignants aptes à donner cours dans d'autres langues.

La pénurie de professeurs pèse donc, une fois encore, lourd dans la balance. Consciente du problème, la ministre a assuré que son administration réfléchissait à de nouvelles pistes pour rendre le métier d'enseignant plus attractif. Attirer des personnes en reconversion, notamment grâce à des formations accélérées, mais aussi à la "valorisation d'une partie de l'expérience acquise hors enseignement" sont des options envisagées, mais qui restent au stade de chantier.

"J’ai chargé mon administration de réfléchir à de nouvelles pistes en matière d’attractivité du métier d'enseignant."
Caroline Désir
Ministre de l'Education

A ce même stade, on retrouve actuellement le projet de création d'écoles multilingues annoncé en 2019, mais ralenti par l'épidémie de coronavirus. Freiné certes, mais pas abandonné... Caroline Désir affirme d'ailleurs qu'elle en fera "l'une de ses priorités" cette année.

Echanges communautaires

Autre piste pour améliorer les connaissances des jeunes francophones en allemand et néerlandais: l'échange d'enseignants, dits native speakers, entre Communautés. Bien que des accords de coopération existent, ils ne produisent pour l'heure pas les résultats escomptés.

En ce qui concerne la langue de Goethe, un programme de travail a récemment été conclu entre la FWB et les autorités germanophones afin d'y remédier. En théorie, celui-ci devra permettre d'identifier les freins à ces échanges et au besoin à adapter les textes légaux et administratifs. Les services compétents seront aussi chargés d'assurer la promotion de cette nouvelle possibilité offerte au personnel enseignant.

Et pour le néerlandais? "Dans la mesure du possible, un dispositif sera également mis en place avec la Flandre", s'est limité à répondre Caroline Désir. Lancées en 2015, les possibilités d'échange avec le nord du pays ne suscitent vraiment pas l'enthousiasme. Fin 2019, alors qu'un seul enseignant était disponible pour ce projet, les ministres-présidents Pierre-Yves Jeholet (MR) et Jan Jambon (N-VA) avaient convenu de le revoir. Depuis lors, le dossier n'a visiblement que peu évolué. Tous bilingues en 2025? Le chemin paraît encore bien long...

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés