La réforme des allocations familiales n'a quasi pas réduit la pauvreté des enfants

Selon le Bureau fédéral du Plan, "les familles nombreuses et les familles monoparentales sont toujours exposées à des risques élevés de pauvreté, bien qu'elles bénéficient d’allocations plus élevées." ©Photo News

Même si le risque de pauvreté infantile est atténué d’un tiers par les allocations familiales, les moins de 18 ans sont toujours exposés aux effets nocifs qu’elle engendre sur la santé, les résultats scolaires et ainsi leurs perspectives d’emploi.

Selon une analyse publiée par le Bureau fédéral du Plan, "les moins de 18 ans restent davantage exposés au risque de pauvreté que la population générale" (20,1%, contre 16,4% en 2017). La situation ne s'est d'ailleurs pas arrangée ces dernières années. La proportion a même augmenté dans les familles plus vulnérables, comme les familles très nombreuses et monoparentales.

Régionalisé sous la 6e réforme de l’État et révisé dans la foulée, le système d’allocations familiales n’a que très peu réduit le risque de pauvreté chez les enfants en Belgique. La problématique est plus aigüe en région bruxelloise après la Wallonie et enfin la Flandre.

L’analyse du Bureau fédéral du Plan distingue deux composantes d’allocations familiales: la première dite "universelle" est accessible à (pratiquement) toutes les familles. La seconde dite "sélective", uniquement accessible aux familles qui répondent à des conditions bien définies (selon le statut et selon le revenu).

La réforme a supprimé le statut socio-professionnel (ou sélectivité sur le statut) et introduit un barème de revenu supplémentaire donnant un droit à un supplément moins élevé.

Comme cela concerne la composante sélective, les montants restent liés à la taille de la famille, mais les montants par enfant sont désormais plus élevés pour les familles nombreuses. Dans la mesure où la nouvelle règle diffère en fonction des enfants nés avant ou après la réforme, il existe deux scénarios: les familles "existantes" (qui se rapproche du scénario actuel) et les "nouvelles familles".

Le Plan observe que "certaines familles avec enfants, en particulier les familles nombreuses et les familles monoparentales, sont toujours exposées à des risques élevés de pauvreté, bien qu'elles bénéficient d’allocations plus élevées".

"L'augmentation du pourcentage des dépenses consacrées à la composante sélective des allocations familiales montre clairement l'importance accrue de la sélectivité (selon les revenus) après la réforme". Il double clairement dans le scénario "nouvelle famille" (10,3% à 24,7% à Bruxelles, de 5,5% à 11,2% en Flandre et de 9,4% à 18,8% en Wallonie) alors qu’il n’augmente que très peu dans le scénario "familles existantes".

Les résultats de l’analyse montrent ainsi que la nouvelle réforme ne profite qu’aux familles à bas revenus contrairement aux familles nombreuses ou monoparentales où la diminution du risque de pauvreté est encore plus faible.

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