La rentrée masquée inquiète les syndicats enseignants

Les syndicats des enseignants réclament des "pauses masques". ©REUTERS

Le port du masque, partout et (presque) tout le temps, élèves et enseignants du secondaire devront s'en accoutumer dès la rentrée. Du côté des syndicats, on ne cache pas une certaine inquiétude.

Dans les classes et les couloirs, le masque sera obligatoire. Idem dans les cours de récréation, sauf si la distanciation physique peut être garantie. Ce bout de tissu, de quelques centimètres à peine, n'a vraisemblablement pas fini de faire parler de lui. Alors que le 1er septembre approche, les organisations représentatives du personnel de l'enseignement ne sont pas tout à fait sereines.

"Imaginez un peu: les enseignants et les élèves du secondaire à Bruxelles devront porter le masque dans la rue, dans le bus, à l'entrée de l'école, en classe et peut-être parfois même dans la cour. C'est trop! Il faut prévoir des mesures d'assouplissement", lance d'emblée le président de la CGSP-Enseignement, Joseph Thonon.

"Des règles pour permettre à tous de souffler doivent absolument être fixées au plus vite par les établissements."
Roland Lahaye
Secrétaire général de la CSC Enseignement

Pour la CSC, Roland Lahaye tient un discours du même acabit: "Des règles pour permettre à tous de souffler doivent absolument être fixées au plus vite!".

Des pauses sans masques

Concrètement, ces deux syndicats plaident pour l'organisation de pauses, entendez des moments de la journée durant lesquels le masque pourra être enlevé. En pratique, des espaces pourraient être délimités par chaque école afin qu'élèves et enseignants se trouvent à certains moments à une distance suffisante (1m50) pour retirer la fameuse protection. Autre possibilité: raccourcir les périodes de cours pour avoir "quelques minutes de respiration".

"Le problème n'est pas tant le masque toute la journée mais plutôt sa combinaison avec le boulot d'enseignant où l'on parle énormément."
Joseph Thonon
Président de la CGSP Enseignement

Au-delà de son port inconfortable pendant une journée entière, les syndicalistes l'assurent: enseigner avec un masque n'a rien d'un fleuve tranquille. "On sait bien qu'on peut parfois attirer l'attention de l'élève avec les expressions du visage. Il n'y a pas que les mots et les phrases, il y a la manière dont on les exprime. Pour certains jeunes, voir la bouche de l'enseignant est indispensable. Or ici, ce n'est plus possible", argumente Roland Lahaye.

"En fait, ce n'est pas tant le masque toute la journée qui pose problème mais plutôt sa combinaison avec le boulot d'enseignant où l'on parle énormément", résume Joseph Thonon.

Condition sine qua non

Et les parents d'élèves, qu'en pensent-ils? "Nous entendons le point de vue des syndicats, mais aussi celui des scientifiques qui disent que le masque est nécessaire. C'est sans doute inconfortable, mais incontournable", commente Bernard Hubien, secrétaire général de l'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique (UFAPEC).  

"Il y a des parents anti-masque, d'autres qui veulent qu'il soit porté partout et tout le temps, mais la plupart ont été rassurés par la clarté de la circulaire de juin qui prévoit des codes couleurs" en fonction de l'épidémie.

Mardi soir, un nouveau document reprenant l'ensemble des règles à appliquer dès le 1er septembre a été transmis aux écoles. Aucun assouplissement des normes en matière de port de masque n'est toutefois prévu. "Celui-ci est considéré comme une nécessité par les
experts lors de tous contacts ne permettant pas le respect de la distanciation physique", rappelle la ministre de l'Education, Caroline Désir (PS). En résumé, le masque est "une condition sine qua non" pour que la rentrée puisse avoir lieu.

Quant aux pauses, réclamées par les syndicats, elles sont aussi mentionnées dans le texte. Celles-ci pourront notamment se tenir durant les récréations, de préférence en plein air, à condition donc que la distance de sécurité soit respectée. Toutes les écoles seront invitées à mettre en place de tels moments, tant pour les élèves que le personnel.

De quoi satisfaire les organisations syndicales? Il faudra voir comment cela se déroule en pratique, d'autant que d'autres questions restent ouvertes, préviennent-elles. Le compte à rebours est lancé: la rentrée a lieu dans 13 jours...

Un nouveau protocole Covid-19 d'ici la rentrée

A deux semaines du retour des élèves en classe, les syndicats réclament également un nouveau protocole pour gérer les éventuels cas Covid-19 dans les établissements scolaires.

"On a connu une situation chaotique au mois de juin avec plusieurs fermetures d'écoles. Les règles existantes doivent absolument être précisées d'ici le 1er septembre", estime le président de la CGSP-Enseignement, Joseph Thonon.

Leur demande devrait être satisfaite. Interrogé à ce sujet, le cabinet de la ministre Bénédicte Linard (Ecolo), compétente en la matière, assure en effet que le protocole est "en train d'être revu" et qu'il sera disponible d'ici la rentrée. L'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) a demandé et obtenu des compléments d'études scientifiques à Sciensano pour affiner ce document.

Lorsqu'un cas sera confirmé en maternelle ou primaire, la bulle dont il est issu ne devrait désormais plus être directement mise en quarantaine, mais plutôt faire l'objet d'un suivi accru en vue de détecter d'éventuels symptômes chez d'autres jeunes.

En secondaire, une distinction entre les contacts rapprochés et non rapprochés devrait être établie de manière à fixer le niveau du risque et le besoin éventuel d'une quarantaine.

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