analyse

La situation épidémiologique est-elle pire qu'en mars?

Les hôpitaux de la province de Liège sont très durement touchés par la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus. ©Photo News

La Belgique affronte une intense recrudescence d'infections au Covid-19. Mais les indicateurs montrent que la vague ne devrait pas dépasser celle de mars, à quelques nuances près.

C'est un nombre record d'infections au coronavirus qu'a connu la Belgique le mardi 12 octobre, lorsque 12.051 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid-19. Notre pays se dirige-t-il vers une situation pire que celle de mars-avril?

"Aujourd'hui, nous sommes prêts"

Si l'on compare les chiffres au niveau national, on relève, au maximum de la crise en début d'année, 5.759 hospitalisations, dont 1.285 en soins intensifs, et 321 décès enregistrés sur une journée. À l'heure actuelle, on dénombre 2.485 hospitalisations, dont 412 personnes en soins intensifs, et 42 décès enregistrés sur une journée.

"Nous devrions atteindre le pic de la deuxième vague entre le 26 et le 31 octobre."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

Pourrait-on pour autant dépasser les chiffres de la première vague? C'est peu probable selon Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. "Lors de la première vague, nous avions un doublement du nombre de nouvelles admissions à l'hôpital tous les 3 jours. Aujourd'hui, il double tous les 7 jours", avance-t-il. "Mais la grande différence, c'est qu'en mars, nous naviguions à vue. Aujourd'hui, malgré la fatigue, nous sommes prêts, le matériel est là. Et même si nous allons certainement atteindre la barre des 1.000 patients en soins intensifs d'ici la fin du mois, nous devrions éviter le seuil maximal des 2.000 patients en soins intensifs grâce aux mesures qui ont été prises."

Yves Van Laethem situe le pic de cette seconde vague de l'épidémie entre le 26 et le 31 octobre "si les mesures prises par le gouvernement fonctionnent".

Liège et la Wallonie souffrent plus

La situation est radicalement différente au sud du pays et dans la capitale, où le nombre de nouvelles hospitalisations pour 100.000 habitants est bien au-dessus de la moyenne nationale, avec 31 patients pour la province de Liège, 26 pour Bruxelles, 25 pour le Hainaut et 20 pour la province de Namur, contre, par exemple, 4 patients dans le Brabant flamand ou 6 dans le Limbourg. "On a dépassé les chiffres de mars depuis ce week-end", affirmait même le docteur Philippe Devos, du CHC de Liège, à la RTBF.

Comment expliquer que la Wallonie, et singulièrement la province de Liège, souffrent plus que le reste du pays? "On ne sait pas", avoue Yves Van Laethem. "Je n'ai pas vu venir l'embrasement en Wallonie, de manière presque caricaturale si l'on compare avec la Flandre."

"Les hôpitaux du Limbourg et du Brabant flamand doivent pouvoir prendre en charge plus de malades issus de Wallonie."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

Pour remédier à cette urgence, le porte-parole interfédéral plaide pour une meilleure répartition de l'effort. "Les hôpitaux du Limbourg et du Brabant flamand doivent pouvoir prendre en charge plus de malades issus de Wallonie. Oui, il y a la langue; oui, ce sont deux régions différentes; mais allons, nous sommes toujours un pays!"

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