La SNCB s'attaque à la (trop) grosse facture des accidents de travail

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En 2016, la SNCB a enregistré 1.261 accidents avec incapacité de travail en 2016 contre 1.268 accidents en 2015. Ils ont entraîné 22.900 jours d’incapacité de travail en 2016 contre 28.800 jours en 2015.La perte en terme de productivité est évaluée à 5,2 millions d’euros en 2016. L’entreprise ferroviaire a pris des mesures pour réduire de 10% les accidents de travail.

Soumise à un régime minceur par le gouvernement fédéral, la nouvelle patronne de la SNCB Sophie Dutordoir a indiqué à la mi-octobre en commission Infrastructure de la Chambre son intention de réduire les coûts de l’entreprise ferroviaire.

Elle avait fait part de son intention de réaliser des économies de 300 millions d’euros par à l’horizon 2020. Outre la réduction de personnel qui passera par le remplacement de deux agents sur trois qui partiront à la retraite, la CEO voudrait aussi réduire les accidents de travail de 10%.

Jours d’incapacité en baisse

Une analyse de la situation des accidents de travail vient d’être réalisée et selon nos informations, ils ont légèrement baissé. L’an dernier, la SNCB a recensé un total de 1.261 accidents de travail suivi de jours d’incapacité de prestation contre 1.268 accidents en 2015. L’évaluation financière de la perte de productivité est évaluée à environ 5,2 millions d’euros. Contactée par nos soins, la SNCB confirme les chiffres.

5 millions €
Les accidents de travail ont entraîné 22.900 jours d’incapacité de travail à la SNCB. Ils ont entraîné une perte de productivité estimée à 5,2 millions d’euros.

Elle parle plutôt de stabilité sur l’évolution du nombre d’accidents de travail entre 2015 et 2016, mais relève qu’en matière du nombre de jours d’incapacité de travail, il y a une grande diminution. En effet, on est passé de 28.800 jours d’incapacité en 2015 à 22.900 jours en 2016.

La répartition entre les différentes divisions de l’entreprise renseigne que c’est la division "Transport" qui est la plus touchée avec 821 cas d’accidents de travail pour un coût de plus de 3 millions d’euros (853 accidents en 2015). Après la division "Transport", ce sont les cheminots des ateliers (Technics) qui sont les plus affectés avec 377 cas pour une perte financière estimée à environ 1,6 million d’euros pour le transporteur ferroviaire.

213
Les conducteurs de trains sont les moins touchés avec 213 accidents de travail avec incapacité de travail (192 cas en 2015).

La troisième marche du podium est occupée par la division des gares (B-Stations), mais loin derrière avec une quarantaine d’accidents de travail avec incapacité de travail pour un coût de près de 171.000 euros.

Les accompagnateurs de trains et les conducteurs de trains sont les moins touchés avec 488 accidents de travail (511 cas en 2015) avec incapacité de travail pour les premiers et 213 cas pour les seconds (192 cas en 2015).

Mesures concrètes

Les principales causes à l’origine de l’incapacité de travail des accompagnateurs de trains sont les traumatismes causés par les agressions (43% des accidents), les chutes. En ce qui concerne les conducteurs de trains, ce sont les suicides ou les tentatives de suicides des tiers (65% des accidents) qui les traumatisent et entraînent des incapacités de travail. Pour la gestion opérationnelle du trafic de trains, les chutes sur un sol glissant suite à un manque d’entretien sont source d’accidents de travail.

"Différentes mesures concrètes ont été prises et vont être implémentées dans les différentes directions pour réduire les accidents de travail de 10%."

Pour réduire le phénomène, la direction de la SNCB a pris diverses mesures. "Différentes mesures concrètes ont été prises et vont être implémentées dans les différentes directions pour réduire les accidents de travail de 10%. Un gros travail sera fait sur l’analyse des risques pour identifier les types d’équipement et les process", nous a confirmé l’un des porte-parole. L’accent est mis sur une plus grande sensibilisation des cheminots.

Pour les accompagnateurs de trains, les dirigeants prévoient une optimalisation de la procédure de départ des trains (mais à long terme) et l’élaboration d’un masterplan "anti-agression" pour contrer les agressions sur le personnel. La SNCB prévoit aussi la mise en place d’un plan d’action pour améliorer la charge psychosociale des accompagnateurs de trains.

Les deux derniers points d’action sont en cours d’exécution, mais il faudra attendre un peu pour l’amélioration de la procédure de départ des trains. En effet, à la mi-septembre, la SNCB a renoncé, après un test, au projet Dice (Departure in a controlled environment), la nouvelle procédure de départ des trains censée garantir la sécurité des usagers qui montent dans le train.

11 millions
L’abandon du projet Dice a coûté environ 11 millions d’euros à l’entreprise.

L’abandon du projet Dice a coûté environ 11 millions d’euros à l’entreprise. Pour le personnel de gestion des gares, l’élaboration d’un masterplan "anti-agression" est également au programme.

Une autre mesure a été initiée par HR Rail, la structure de gestion des ressources du groupe SNCB, pour réduire le coût des accidents de travail. Elle durcit les conditions de reconnaissance des accidents de travail. Concrètement, il est demandé à l’agent victime d’un accident sur le lieu de travail d’apporter la preuve que l’accident n’est pas lié à son organisme (défaillance physique par exemple). Un recours en annulation de la disposition légale est introduit devant la Cour constitutionnelle.

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