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La Sûreté de l’État met en garde contre les smartphones chinois

Si l’on en croit la Sûreté de l'État, il existe une "interaction systématique et profonde entre les entreprises et le gouvernement chinois". C’est ce que révèle une réponse donnée par le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (photo), au parlementaire N-VA Michael Freilich. ©BELGA

Les services de renseignement belges incitent à la vigilance face à des soupçons d’espionnage. Il existerait une "interaction systématique et profonde" entre les entreprises Xiaomi, Oppo, OnePlus et le gouvernement chinois.

Les smartphones des marques chinoises Xiaomi, Oppo et OnePlus sont très populaires auprès des consommateurs belges, mais la Sûreté de l’Etat met en garde contre des risques d’espionnage. Si l’on en croit les services de renseignement, il existe une "interaction systématique et profonde entre ces entreprises et le gouvernement chinois". C’est ce que révèle une réponse donnée par le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), au parlementaire N-VA Michael Freilich.

De plus en plus de Belges possèdent un smartphone de marque Xiaomi, Oppo ou OnePlus, en particulier depuis que l’autre fabricant chinois, Huawei, ne peut plus utiliser le système d’exploitation Android de Google à cause des sanctions américaines. À la fin de l’an dernier, Xiaomi serait même devenue la troisième plus grande marque de smartphone en Belgique après Samsung et Apple. Et ce succès peut conduire à l’achat d’autres produits numériques des mêmes marques chinoises.

La porte-parole de la Sûreté de l’État, Ingrid Van Daele, explique pourquoi le service de renseignement met en garde contre les smartphones chinois, même si aucun cas concret d’espionnage n’a pu être identifié. "Nous souhaitons attirer l’attention des consommateurs sur la menace potentielle d’espionnage en cas d’utilisation de ces appareils. Nous leur conseillons donc d’être vigilants. En plus de la confusion entre ces entreprises et les autorités chinoises, d’autres pays (notamment les Pays-Bas et les États-Unis, ndlr) ont déjà exprimé leurs inquiétudes par rapport aux entreprises de télécoms chinoises et aux risques en matière de respect de la vie privée et de sécurité nationale."

Interdépendance avec Pékin coulée dans une loi

L’interdépendance entre ces sociétés chinoises et les services de renseignement et de sécurité du gouvernement de Pékin est même coulée dans une loi, poursuit-elle. "Par exemple, la loi chinoise sur le renseignement national oblige toutes les sociétés chinoises à collaborer avec les services de renseignement. Elles doivent réserver des postes de travail au personnel des services de renseignement. La loi chinoise sur la cybersécurité les oblige également à leur donner accès à leurs systèmes informatiques. Le monde des affaires n’a pas d’autre choix que de collaborer avec le gouvernement."

"D'autres pays ont déjà exprimé leurs inquiétudes par rapport aux entreprises de télécoms chinoises et aux risques en matière de respect de la vie privée et de sécurité nationale."
Ingrid Van Daele
Porte-parole de la Sûreté de l'État

"C’est un fait connu que le fabricant de smartphones Xiaomi a subrepticement collecté des données sur ses utilisateurs à l’étranger et les a transmises à des serveurs chinois", explique la Sûreté de l’État. Un reportage paru dans des médias en mai 2020 démontre que tant les données sur le comportement de navigation que les "universally unique identifiers" (identifiants uniques universels) des utilisateurs de Xiaomi ont été recueillis. Ces données ont ensuite été envoyées en Chine en utilisant un système de cryptage facile à contourner. "Combinée avec le cadre législatif dans lequel Xiaomi opère, cette pratique est pour le moins problématique du point de vue de la protection des données privées et est susceptible de nuire à la sécurité nationale", estime la Sûreté.

3e
marque
Fin 2020 Xiaomi serait devenue la troisième plus grande marque de smartphones en Belgique, après Samsung et Apple.

"Les entreprises de la taille de Huawei, Xiaomi, Oppo et OnePlus ont une cellule du Parti communiste chinois (PCC) au sein de leurs bureaux. La tâche de ces cellules est de faire en sorte que les politiques du PCC soient suivies par les entreprises. Elles peuvent influencer les prises de décision des sociétés", ajoute le service de renseignement.

Le porte-parole belge d’Oppo, Dries Cludts, a déclaré que "Oppo est une entreprise privée active dans plus de 40 pays et régions dans le monde entier. Nous entretenons des relations positives avec les gouvernements et instances dirigeantes des pays dans lesquels nous sommes présents. Nous travaillons en conformité avec toutes les lois et règlementations locales".

OnePlus et Xiaomi dans un premier temps n'ont pas répondu à nos questions. Mais le 5 août, la rédaction a reçu cette réponse d'Erwin van der Valk, responsable marketing de Xiaomi Technology Benelux. "Xiaomi est une société cotée en bourse, exploitée et gérée de manière indépendante, fondée par des particuliers. Nous opérons sur 11o marchés à travers le monde et respectons les lois et réglementations locales avec des normes élevées de sécurité, de confidentialité et de protection des données des utilisateurs. L'accusation de 'menace potentielle d'espionnage' portée par la Sûreté de l'État belge n'est pas fondée sur des faits, mais sur un simple préjugé."

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