La vaccination souffre des retards de livraison

Sur les 11.000 membres du personnel de 1re ligne invités par Bruxelles, seuls 3.000 se sont déjà présentés pour leur 1re injection. Ce qui fait que le centre de vaccination du Heysel (ici, lors de son inauguration) tourne partiellement à vide. Des airs de faux départ. ©Wouter Van Vooren

En mars, la Belgique est censée commencer à vacciner les plus de 65 ans et les personnes à risque. Où en est le processus, ralenti par les retards de livraison et les pépins techniques?

Il y a moyen de s'y perdre: après une expérience pilote menée fin de semaine passée, la Wallonie lançait ce mardi la phase 1A4, soit la vaccination du personnel soignant de première ligne. L'occasion de faire le point.

- Maisons de repos. La valse des piqûres s'achève dans les maisons de repos. Au 1er mars, Bruxelles et la Flandre devraient avoir tourné cette page; en Wallonie, on parle de la semaine prochaine. À Bruxelles et en Wallonie, quelque 90% des résidents ont opté pour le vaccin. Un score qui ne sera pas atteint pour le personnel – on tournerait autour des 70% en Wallonie.

90%
taux d'acceptation
Dans les maisons de repos bruxelloises et wallonnes, environ 90% des résidents ont opté pour la vaccination. Un score qui ne sera pas atteint pour le personnel – on tournerait autour des 70% en Wallonie.

- Personnel de soins. Cela pique à tour de bras dans les hôpitaux – avec un taux d'acceptation actuel d'environ 83%, glisse-t-on en Wallonie. Les premières doses devraient avoir été administrées d'ici la fin mars; pour les secondes, il faut viser la fin mai, notamment parce que l'efficacité du vaccin d'AstraZeneca grimpe si l'on espace les deux doses de douze semaines. Quant au personnel de première ligne, il commence à être invité dans les centres de vaccination, même si des difficultés techniques viennent compliquer l'envoi des convocations, et que le papier est appelé à la rescousse. Pour l'heure, ceci a l'allure d'un faux départ.

3,5
Millions de personnes
Vers la mi-mars, la vaccination s'ouvrira aux plus de 65 ans (2 millions de têtes de pipe) et aux personnes à risque (1,5 million).

- Plus de 65 ans et personnes à risque. La véritable accélération était prévue pour mars, avec l'ouverture de la vaccination aux personnes de plus de 65 ans (2 millions) ou présentant une comorbidité ouvrant une priorité (1,5 million). La Belgique tient-elle le timing? Plus ou moins. Pour les plus de 65 ans, le lancement des opérations se ferait à la mi-mars à Bruxelles, le 22 mars en Flandre et courant de la seconde quinzaine de mars en Wallonie – presque un tir groupé, donc. Quant aux groupes à risque, ils commenceront à être invités en même temps que la tranche d'âge allant de 65 à 69 ans.

- Des retards à répétition. Du côté des Régions, on pointe l'incertitude qui plane au-dessus du calendrier. En cause? Les livraisons aléatoires de vaccins. Ces deux dernières semaines, à peine un quart des doses promises par Moderna ont été réceptionnées, fait valoir la Flandre. La Wallonie ne dit rien d'autre, en pointant deux semaines à venir sans arrivée aucune en provenance de chez Moderna. AstraZeneca vient d'en rajouter une couche, en annonçant des livraisons amputées durant deux semaines. Or pas de vaccins, pas de vaccination. "On ne peut cuire des frites que quand on dispose de patates", glisse-t-on côté flamand.

- Bruxelles, à la traîne? Tel est le risque, en scrutant le tableau de bord de la vaccination, tenu par Sciensano: croire que Bruxelles vaccine deux fois moins que la Flandre et la Wallonie. Ce qui biaise le tout, c'est que ce décompte est tenu non pas sur la base du lieu de vaccination, mais de résidence. Autrement dit, Bruxelles vaccine partiellement pour ses voisines.

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