La vis commence à se resserrer autour des quarantaines

Un arrêté ministériel a été rédigé pour permettre à l'inspection sociale de vérifier le respect des quarantaines, suite par exemple à un retour de zone rouge, sur les lieux de travail. ©Photo News

Désormais, en Flandre, les communes peuvent savoir qui doit respecter une quarantaine. Et au fédéral, l'inspection sociale peut contrôler les quarantaines sur le lieu de travail.

Depuis ce mardi, les villes et communes flamandes peuvent savoir qui, sur leur territoire, doit respecter une quarantaine, grâce aux données de l’Agence flamande des soins et de la santé. Des données qui concernent non seulement les voyageurs de retour de zone rouge, mais aussi sur ceux soumis à quarantaine suite à un contact à haut risque. De quoi permettre aux autorités communales d'agir en cas de non respect des règles. L’accès à ces données nécessite toutefois la signature d’un protocole.

Au niveau fédéral, un arrêté ministériel a été rédigé pour donner la possibilité aux inspecteurs du travail de procéder, eux aussi, à des contrôles sur le respect des quarantaines dans les entreprises, sur base des règles édictées par les Régions, a appris L’Echo auprès du cabinet du ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS). Une base légale qui faisait jusqu’ici défaut, et qui empêchait les contrôles sur le lieu de travail annoncés à l’issue du Comité de concertation de vendredi dernier.

"La quarantaine obligatoire doit être vraiment obligatoire. En Flandre, c'est désormais possible."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

Il n’y a pas encore de dispositions de ce genre à Bruxelles et en Wallonie. "J’encourage mes collègues des Communautés et Régions pour qu’il y ait, dans les faits, un instrument pour que la quarantaine obligatoire soit obligatoire", a déclaré mardi le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (SP.A) à la Chambre. "En Flandre, c’est désormais possible. En Wallonie et à Bruxelles, on y travaille. C’est un instrument crucial."

Moins répressive au sud

La procédure, en Wallonie et à Bruxelles, est beaucoup moins répressive. "Depuis samedi, l'objectif est d'appeler systématiquement les personnes de retour de zone rouge et qui ont rempli leur PLF pour leur rappeler les règles, explique le cabinet du ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo). Les agents de terrain visitent celles qui n’ont pu être jointes par téléphone et qui sont sélectionnées de manière aléatoire. Et si la personne n’a manifestement pas l’intention de respecter son isolement ou sa quarantaine, l’appel est transféré au médecin du call-center. Si le refus persiste, l’administration peut, en concertation avec le bourgmestre concerné, faire appel à la police."

"Si le refus persiste, l’administration peut, en concertation avec le bourgmestre concerné, faire appel à la police."
Cabinet d'Alain Maron
Ministre bruxellois (Ecolo) de la Santé

Pas suffisant, pour certains bourgmestres. Vincent De Wolf (MR), bourgmestre d’Etterbeek, voudrait avoir la liste de toutes les personnes devant respecter une quarantaine sur son territoire. À Liège, le bourgmestre Willy Demeyer (PS) s’inquiète de ce que les bourgmestres peuvent réellement faire en cas de non-respect de la quarantaine, et va faire étudier la question pour éviter tout recours en justice.

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