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Le besoin d'un discours clair

Journaliste

Des décisions embrouillées d'imprécision

On ferme les bars et les restaurants. On ne ferme pas les écoles. Et le virus lui, court comme un beau diable parmi la population de plus en plus affolée. Déboussolée. Et, disons-le, énervée par des décisions qu'elle ne comprend plus.

Et si on lui expliquait clairement, scientifiquement? À l'aide de chiffres, de données étayées, d'arguments et d'études sérieuses? Et si on prenait le temps de communiquer autrement que dans l'urgence, par des phrases lancées à la va-vite devant une caméra de télévision, au micro d'un journaliste, histoire que l'info arrive au plus vite sous le nez du citoyen?

Les experts en santé mentale ne cessent de le dire: pour pouvoir adhérer aux décisions prises, les gens ont besoin de clarté et de perspectives. Que leur donne-t-on aujourd'hui? À part des données – anxiogènes – sur la flambée de l'épidémie, pas grand-chose. Du flou. De l'imprécision. Des retours en arrière sur des décisions prises. Que ce soit sur la stratégie de testing ou encore aujourd'hui sur les mesures prises pour les écoles. On enclenche le code orange mais qui, en fait, est identique au code jaune. Et le citoyen lui, éclate de rire. Jaune (aussi). Et a l'impression qu'on se moque de lui.

"Les gens ont besoin de clarté et de perspectives. Que leur donne-t-on aujourd'hui? À part des données – anxiogènes – sur la flambée de l'épidémie, pas grand-chose. Du flou."

Soyons de bon compte. Les responsables politiques tentent de faire passer le message. Caroline Désir n'a cessé de marteler que si on ne fermait pas les écoles, c'était pour le bien des enfants et de leur apprentissage. Les organismes en charge de la santé affirment aussi que les contaminations ne se font pas à l'école.

Mais leur message est inaudible. Et imprécis. Brouillé par d'autres décisions qui, elles, sont infirmées par les mêmes informations. On pense à l'horeca, dont les chiffres ne prouvent pas que le Covid y rampe sous les tables. Brouillé aussi par le manque de données et l'incapacité des pouvoirs publics à fournir des chiffres clairs en raison d'un enchevêtrement de compétences éclatées entre niveaux de pouvoirs ou réseaux.

Tant que les messages clairs, précis et cohérents ne sortiront pas à l'unanimité de la bouche des politiques, des experts, des journalistes même, on ne sortira pas de cette crise. Pas à l'aide de la bonne volonté du citoyen en tout cas. Car on l'aura perdu.

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