Le bonheur au travail, nouvelle priorité des entreprises

Le premier réseau européen de Chief Happiness Officers vient d'être lancé sous l'impulsion de Elke Van Hoof, experte en matière de lutte contre le stress et le burn-out.

Pour endiguer l’absentéisme et les burn-out, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se doter d’un Chief Happiness Officer (CHO). Sa mission : veiller au bien-être des employés au travail. L’intention est louable. Encore faut-il se donner les moyens nécessaires…

Elke Van Hoof est une experte reconnue en matière de prévention du stress et du burn-out. ©doc

D’après une enquête réalisée par Elke Van Hoof, directrice du Centre de résilience (centre d’expertise pour le traitement du stress et du burn-out), 83% des employeurs ont mis en place des initiatives pour améliorer le bien-être des travailleurs, mais la moitié d’entre eux n’y consacrent pourtant pas plus de 10.000 euros par an. De quoi tout juste proposer des corbeilles de fruits ou des cordes à sauter…

"Les CHO exercent souvent une fonction solitaire."
Elke Van Hoof
directrice du Centre de résilience

Pour passer à la vitesse supérieure, Elke Van Hoof lance officiellement ce mardi Ocho (Organisation of Chief Happiness Officers), la première association européenne de professionnels du bien-être en entreprise. La mise en réseau permet le partage de connaissances et l’échange de bonnes pratiques. L’association compte déjà environ 140 membres, tant au sein des grandes entreprises que des PME, et fonctionne comme une académie en ligne (www.ochocommunity.com). "Les entreprises ont de plus en plus conscience qu'une politique de bien-être intégrée est indispensable pour préserver la motivation et la santé mentale de leurs collaborateurs. Malheureusement, les CHO exercent souvent une fonction solitaire", constate Elke Van Hoof.

Yoga et alimentation

Elke Aelbrecht est CHO chez Axa depuis 2016, après avoir suivi la formation certifiée chez Elke Van Hoof. Avec une équipe de quatre consultants, elle propose aux employés d’Axa des séances de yoga à midi, des conseils en ergonomie, des ateliers d’alimentation saine, de l’exercice physique, etc. L'attention est mise sur la lutte contre le stress toxique et la prévention du burn-out.

"Le recul de l'absentéisme n'est pas le seul critère pour mesurer le niveau de bien-être dans l’entreprise."
Elke Aelbrecht
CHO chez Axa

Quant aux effet en matière d’absentéisme et de burn-out, Elke Aelbrecht se veut prudente : "Les gens sont satisfaits de ce que nous leur proposons et sont plus motivés au travail. Mais l’absentéisme est un problème de société bien plus large. Il n’est du reste pas le seul critère pour mesurer le niveau de bien-être dans l’entreprise."

Au moins aussi important, selon elle, est de stimuler le dialogue entre collaborateurs afin de sortir le stress et le burn-out de la sphère du tabou. "On permet ainsi aux gens de s’entraider."

Enfin, les entreprises gagneraient à mieux connaître le cadre légal en matière de bien-être. D’après l’enquête d’Elke Van Hoof, seul un professionnel RH sur 5 maîtrise la législation.

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