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Le bourgmestre de Bruxelles défend son action face à "La Boum 2"

L'événement "La Boum 2" a fait plusieurs dizaines de blessés ce samedi au bois de la Cambre. ©REUTERS

Philippe Close défend la stratégie adoptée par sa commune ce samedi au bois de la Cambre, alors que l'événement "La Boum 2" s'est accompagné d'échauffourées jusqu'au milieu de la nuit et a débouché sur 132 arrestations.

Le bourgmestre de Bruxelles-Ville Philippe Close (PS) a défendu ce dimanche sa gestion de "La Boum 2", un événement à l'origine ce samedi de nouvelles violences au bois de la Cambre, que l'édile avait décidé de maintenir ouvert au public. Interrogé sur le plateau de RTL-TVI, M. Close a indiqué que boucler préventivement le bois -comme le recommandait le MR- aurait nécessité de déployer "des milliers de policiers" pour couvrir ses 5 km de longueur, ce qui aurait été impossible. De plus, fermer complètement cet espace vert important de la capitale serait revenu à "prendre en otage tous les Bruxellois qui peuvent utiliser ce bois". "On n'allait pas amputer une partie du territoire", s'est-il défendu.

"On savait qu'il y aurait des problèmes. Il fallait des mesures fortes"
Philippe Close
Bourgmestre de Bruxelles-Ville

Interrogé sur les violences et l'intervention musclée de la police, le bourgmestre de Bruxelles a indiqué avoir donné l'ordre d'intervenir lorsque des policiers ont commencé à être agressés, lorsque des biens publics ont été détruits et lorsque des bagarres ont commencé entre participants à l'événement. Dans ce genre de situation, le boulot d'un bourgmestre est de rétablir l'ordre, a-t-il rappelé. "On savait qu'il y aurait des problèmes. Il fallait des mesures fortes", a ajouté M. Close. Pour lui, "La Boum 2" ne s'inscrivait d'ailleurs nullement dans une optique de liberté d'expression, mais davantage dans celle d'une "liberté de provocation".

Les reproches du MR

Sur ce même plateau télévisé, le président du MR Georges-Louis Bouchez a reproché au bourgmestre d'avoir renoncé à fermer le bois de la Cambre. La mise en place de barrages policiers aurait permis, selon lui, d'éviter de nouveaux incidents, comme ceux survenus un mois auparavant. "Ce n'est pas une bonne chose de (faire) charger la jeunesse", a commenté le Montois. "J'ai parfois le sentiment qu'on cherchait (du côté du bourgmestre de Bruxelles, NDLR) la confrontation (…) pour se montrer comme ayant de l'autorité".

Sur Twitter, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a réagi laconiquement aux incidents de samedi soir. "Merci à tous ceux qui ont répondu à l'appel de ne pas se rendre au bois de la Cambre. Merci également à la police d'avoir effectué les préparatifs nécessaires et d'avoir garanti la sécurité de tant de personnes", a-t-elle écrit.

600
Plus de 600 policiers ont été déployés pour faire face aux manifestants.

L'événement La Boum 2 organisé samedi dans le Bois de la Cambre visait à dénoncer les strictes mesures sanitaires imposées face au coronavirus. Bien qu'interdit, le rassemblement a drainé entre 1.000 et 2.000 participants, selon des estimations. Quelque 600 à 700 policiers ont été déployés dans et aux abords du bois de la Cambre, de même que des autopompes et des chevaux.

Comme "La Boum 1" organisée début avril, la "Boum 2" a débouché sur des affrontements entre la police, des fêtards et des casseurs infiltrés. L'événement a fait plusieurs dizaines de blessés et débouché sur 132 arrestations ce dimanche. Dans le détail, 127 personnes ont été arrêtées administrativement alors que cinq arrestations judiciaires ont été effectuées, notamment pour rébellion armée, menaces et vente de stupéfiants.

Vendredi soir, en "prélude" à cette journée qui s'annonçait tendue, des messages protestataires ont été projetés sur la façade du Palais de justice et sur la porte de Hal à Bruxelles. L'information a été confirmée par la police de Bruxelles qui a dressé plusieurs procès-verbaux. Il s'agissait d'une action menée par Wake Up Belgium, qui entendait envoyer un message aux autorités belges. On pouvait notamment lire dans ses messages en images la phrase "vous serez jugés ici", accompagnée d'un noeud coulant symbolisant la pendaison. Les activistes reprochent aux responsables politiques "un manque de raison", "de l'incompétence", et "des lois répressives". Le groupe exige de "remettre l'humain au centre et non les chiffres". La police a identifié les manifestants et des PV ont été rédigés.

Projection Wake Up Belgium sur le Palais de Justice ce vendredi soir

Rassemblement place de Brouckère

Par ailleurs, des dizaines de personnes se sont également rassemblées en début d'après-midi ce samedi, place de Brouckère à Bruxelles dans le cadre de la Journée du Travail. Des militants syndicaux, des membres d'associations sociales, culturelles et politiques ont adressé un message clair: les mesures prises pour endiguer la pandémie ont surtout touché les plus faibles de la société, une bonne part de la classe travailleuse, la jeunesse, les personnes sans-papier et les femmes.

Une ouverture partielle dans l'horeca?

Du côté de l'horeca, certains restaurateurs avaient annoncés leur ouverture ce samedi 1er mai, malgré les dernières mesures gouvernementales qui limitaient les ouvertures aux seules terrasses à partir du 8 mai. Finalement assez peu de restaurateurs ont mis leur "menace" à exécution. A Middelkerke, les terrasses ont rouvert une semaine plus tôt que prévu , à l'initiative de son bourgmestre Jean-Marie Dedecker. Plus de 200 tables ont ainsi déjà été disposées sur la digue par la commune elle-même, passant outre les directives gouvernementales.

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