Le cdH divisé sur sa place au sein du PPE, Prévot exclut un départ "à ce stade"

Maxime Prévot et Joëlle Milquet ©Photo News

Le cdH est divisé quant à un éventuel départ du PPE, le Parti populaire européen, en cas de maintien du Fidesz d'Orban. Le président du parti centriste Maxime Prévot exclut toutefois une telle décision "à ce stade".

C'est bien la question du départ du Premier ministre hongrois Viktor Orban et de son parti le Fidesz du Parti populaire européen (PPE), principal groupe politique du Parlement européen, qui est aujourd'hui à l'ordre du jour, pas celui du cdH, du moins "à ce stade", a réagi ce lundi le président du parti humaniste, Maxime Prévot.

Le cdH apparaît divisé sur la stratégie à adopter au cas où le PPE n'exclurait pas Orban et son parti. Sa cheffe de file bruxelloise Joëlle Milquet, conseillère du président de la Commission Jean-Claude Juncker pris pour cible par Orban et la campagne europhobe de son gouvernement, veut que son parti quitte le PPE si ce dernier maintient le dirigeant hongrois dans ses rangs.

"On quitte", a tweeté dimanche soir Milquet à la question de savoir ce que ferait le cdH si le PPE n'excluait pas le Fidesz comme il le réclame.

"Dans l'expression de Maxime Prévot, il est écrit 'eux ou nous'! C'est donc assez clair", a-t-elle ajouté lundi matin.

Benoît Lutgen, tête de liste cdH pour les élections européennes, refuse quant à lui que son parti claque la porte du premier groupe politique au Parlement européen, mais préfère laisser le temps faire son oeuvre. "Même si on ne l'exclut pas, Viktor Orban finira par partir rejoindre ses partenaires naturels de la droite radicale", selon Lutgen.

La polémique a donné lieu ce week-end à une passe d'armes entre Orban d'un côté et les formations qui souhaitent l'exclure, le premier accusant les secondes de jouer le rôle d'"idiots utiles" qui le renforceront au final. Douze partis membres du PPE ont officiellement demandé l'exclusion du Premier ministre populiste hongrois et de son parti. Cela pourrait être décidé le 20 mars, a annoncé ce lundi le président du PPE Joseph Daul. "La décision appartient à tous les membres du PPE et je ne peux pas anticiper quelle sera l'issue de la discussion", a expliqué Daul.

"Seule la question du départ d'Orban est à l'ordre du jour aujourd'hui."
Maxime Prévot
Président du cdH

 En attendant, interrogé sur la divergence de vues au sein de son parti, Prévot a répondu de conserve avec Lutgen, tout en ménageant Milquet. "Seule la question du départ d'Orban est à l'ordre du jour aujourd'hui. Le populisme, les fake news, la haine de l'autre n'ont pas leur place au sein du PPE", ont-il affirmé. "Avec ses partenaires et alliés flamands, grands-ducaux, hollandais, portugais, suédois, etc., le cdH poursuivra son combat au sein du PPE pour cette exclusion. Le cdH se concertera ces prochaines semaines avec ceux-ci pour analyser ensemble les différentes évolutions de ce dossier".

Un parti divisé de longue date

La question d'un départ du cdH du PPE divise le parti de longue date. Sous la législature qui s'achève, l'eurodéputé Claude Rolin a régulièrement voté différemment de la consigne du groupe conservateur de droite et centre-droite, le plus important de l'hémicycle mais en baisse dans les sondages.

Si Lutgen, lui, dit se sentir bien dans "le PPE de Michel Barnier et d'Angela Merkel" (le négociateur européen du Brexit et la chancelière allemande), Prévot confirmait dernièrement encore le "malaise" de son parti au sein du groupe. Quant à savoir à qui le cdH se rallierait en cas de départ, "c'est le Bureau politique qui tranchera si le cas se pose", selon Milquet.

Cette dernière avait, par le passé, déjà affiché sa proximité avec le MoDem (Mouvement démocrate) français de François Bayrou, qui souffle le chaud et le froid avec La République en Marche du président Macron, dont l'apport en sièges après les élections du 16 mai prochain attise la convoitise du groupe des libéraux (ALDE) présidé par le Belge Guy Verhofstadt.

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