analyse

Le code orange à l'école, ça veut dire quoi concrètement?

©BELGA

Les normes sanitaires ont été adaptées dans l'enseignement. Elles sont plus strictes pour les enseignants surtout. Mais les élèves continuent d'aller à l'école.

Les écoles passeront, dès le 12 novembre, en code alerte orange. Rien n’exclut qu’on passe au rouge, si la situation sanitaire devait s’emballer. Les derniers chiffres de l’ONE ne vont pas dans le bon sens… (lire ci-dessous). De nouvelles décisions pourraient être prises après le Comité de concertation de ce vendredi. Mais si le code rouge devait entrer en vigueur, le seul changement portera sur les activités extrascolaires, qui seront interdites, et sur les inscriptions, qui ne se feront que via internet.  

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Les protocoles liés à ces codes ne sont plus les mêmes que ceux qui ont été définis en juin dernier.  Ils ont en effet été adaptés à deux facteurs : d’une part, la nécessité de maintenir le maximum d’élèves en classe. D’autre part, ils tiennent davantage compte de la situation sanitaire. Des règles plus strictes ont été approuvées, et détaillées dans des circulaires envoyées aux écoles. Elles sont invitées à les mettre en place progressivement à partir du 26 octobre. Elles recevront aussi une enveloppe budgétaire de 20 millions pour les aider à supporter les coûts liés au Covid-19.

On a décortiqué tout cela, et on vous explique les grandes lignes de ces changements. Car il y en a… Accrochez- vous.

La présence à l'école

En maternelle et en primaire, rien ne change. Aucun cours à distance n’était prévu dans les scénarios, c’est toujours le cas.

20 millions
d'euros
L'enveloppe globale que recevront les écoles pour les aider à supporter les coûts liés au Covid.

En secondaire, on privilégie le présentiel à 100% à l’école, de la 1re à la 7e année (contrairement au schéma précédent qui prévoyait 50% de cours à l'école, 50% à la maison). Mais, si une école rencontre des problèmes d’organisation impossibles à résoudre (manque d’enseignants), elle peut mettre en place de l’enseignement à distance de manière souple à partir de la 3e secondaire uniquement : une seule ou plusieurs classes, un niveau, etc. À la seule condition que les élèves soient équipés, et en permettant aux élèves en décrochage de venir à l'école. Cela doit être limité à 2 semaines avant d’être réévalué selon la situation, et ne concerne pas l’enseignement qualifiant.

Les parents

Auparavant, les parents étaient autorisés à "papoter" sur le parking de l’école, avec masque et distance physique. Même si c’était déconseillé. À présent, "kiss and drive" obligatoire.

Pour les éventuelles inscriptions à faire, tout doit se passer en ligne ou sur rendez-vous (masqué).  Les réunions avec les  parents doivent se faire de préférence à distance, sauf si le présentiel est indispensable.

Les cantines scolaires

Elles restent ouvertes, et doivent être correctement aérées. Les  élèves doivent rester le plus possible auprès des mêmes personnes. En primaire, les enfants d’une même classe sont regroupés, ou alors on opte pour des places fixes. Si on se lève, on met son masque (ados). Si on mange dehors, il faut respecter les règles de distanciation sociale.

La récréation

Pas de changement dans le fondamental. Dans le secondaire, on peut enlever son masque, mais on garde ses distances, et on reste avec les mêmes personnes. Le cas échéant, on différencie les heures de pause récré si on ne sait pas respecter la distanciation (cour trop exiguë).  

Les cours de gym

L’enseignant doit porter le masque, sauf gros effort physique, et doit privilégier les activités en extérieur. Les vestiaires peuvent être utilisés mais doivent être aérés et désinfectés. Dans le secondaire, il faut éviter les sports de contact. Les cours de natation sont maintenus.

Les salles de cours et le matériel

Pour limiter la circulation des élèves, il faut, autant que possible, maintenir le groupe-classe dans un  seul local fixe. Ce sont alors les enseignants qui changent de classe selon les cours.
Il est déconseillé de "répartir" les élèves dans d’autres classes en cas d’absence d’un prof. Il faut également renforcer les mesures d’hygiène pour l’usage du matériel (désinfection du matériel de laboratoire par exemple).

Pour limiter la circulation des élèves, il faut, autant que possible, maintenir le groupe-classe dans un seul local fixe. Ce sont alors les enseignants qui changent de classe selon les cours.

Les activités festives

Il ne peut plus être organisé de fêtes, fancy fair, repas de Noël, etc. Les activités entre adultes doivent être organisées à distance.

Les salles de profs

Les locaux partagés par les enseignants sont pointés comme lieux "à haut risque". Auparavant, le respect de la distanciation sociale suffisait. À présent, le port du masque est rendu obligatoire. Et pour manger ou prendre un café, l’enseignant doit faire preuve d’extrême prudence. Toutes les places assises doivent respecter la distance d’1m50. Si ce n’est pas possible, il faut prévoir un local plus grand. Les salles doivent être aérées régulièrement.

La présence de tiers à l'école

Il faut limiter le plus possible les passages d’enseignants d’une école ou implantation à l’autre. Et limiter (mais pas interdire) la présence de tiers dans les écoles (stagiaires, formateurs, inspecteurs, PMS, ...).

Inquiétant dérapage des cas de Covid-19 dans les écoles

La situation sanitaire semble s'emballer dans les écoles, à lire les dernières données diffusées par l'ONE ce jeudi après-midi. Le nombre de cas d'élèves contaminés au Covid a plus que doublé durant la semaine du 12 octobre.

On totalise 2.702 cas signalés dans le secondaire, contre 1.301 la semaine précédente. En primaire, 834 cas ont été signalés, contre 355 la semaine du 5 octobre. Sur l'ensemble de la population scolaire, cela ne représente encore que 0,4% des élèves. Mais, en termes de taux d'incidence, on atteint dans le secondaire des niveaux supérieurs à la moyenne de la population (1.117 cas pour 100.000 élèves, contre 927 cas pour 100.000 dans la population). Le taux d'incidence est nettement plus bas dans le fondamental (365 cas sur 100.000).

Du côté des équipes enseignantes, 1.166 enseignants sont contaminés, soit un doublement en une semaine.

Les mises en quarantaine concernent aujourd'hui 17.429 élèves et 836 professeurs. 78% des membres du personnel nouvellement mis en quarantaine l’ont été suite à un contact étroit avec un autre membre du personnel infecté, dit l'ONE.

Les centres de promotion de la santé à l'école sont dépassés, et ne sont plus en mesure d'identifier les  sources de contamination, signale l'ONE. Le nombre de cas et de mise en quarantaine serait sous-estimé.

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