Le confinement a fait baisser les émissions de CO2 belges de 28%

La baisse des émissions du transport terrestre a constitué 43% de la diminution globale des émissions. ©REUETRS

Au plus fort du confinement, la baisse des émissions mondiales de CO2 a atteint 17%. Mais sur l’ensemble de 2020, elle n’atteindrait pas celle qui serait nécessaire chaque année pour limiter le réchauffement à 1,5°C.

Si les mesures de confinement décrétées pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont eu un effet immédiat sur les émissions de gaz à effet de serre, elles ont aussi jeté une lumière nouvelle sur l’ampleur du défi climatique. La mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie et la réduction drastique des déplacements ont entraîné sans surprise des réductions impressionnantes des émissions, que documente une équipe de chercheurs dans une étude publiée mardi Nature Climate Change. Mais elles ne suffiraient pas à atteindre en 2020 l'effort nécessaire chaque année pour espérer limiter le réchauffement à 1,5°C.

En analysant les politiques de confinement et données sectorielles dans 69 pays responsables de 97% des émissions mondiales, l’équipe menée par la chercheuse Corinne Le Quéré, de l'Université d'East Anglia, estime que les émissions quotidiennes mondiales ont baissé jusqu’à 17% comparé aux niveaux d’émissions quotidiens de 2019. Entraînant des volumes d'émissions qui n'avaient plus été observés depuis 2006.

L'étude, qui porte sur les mois de janvier à avril, conclut que les plus grandes baisses d'émissions ont été observées en Chine, avec 242 millions de tonnes d'émissions équivalent CO2 (MtCO2) en moins. En termes relatifs, la baisse a atteint jusqu'à -27,7% en Belgique, légèrement plus prononcée que la moyenne européenne.

À l’échelle mondiale, la réduction du transport terrestre et la production industrielle sont responsables de l'essentiel de la baisse d’émissions (43% chacun).

Très loin du compte

"La mesure dans laquelle les dirigeants mondiaux tiendront compte du changement climatique en préparant leurs réponses économiques pour l'après- Covid-19 va influencer les trajectoires d'émissions mondiales de CO2 pour les décennies qui viennent."
Corinne Le Quéré
Université East Anglia

Pour l'ensemble de l'année, les chercheurs estiment que l'impact du confinement devrait se situer entre 4% et 7% par rapport à 2019, selon la durée effective du confinement. Il s'agirait donc d'une baisse d'émissions inférieure aux 7,6% de baisse annuelle nécessaires au long de la décennie qui vient pour espérer maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5°C.

"La mesure dans laquelle les dirigeants mondiaux tiendront compte du changement climatique en préparant leurs réponses économiques pour l'après- Covid-19 va influencer les trajectoires d'émissions mondiales de CO2 pour les décennies qui viennent", souligne dans un communiqué la chercheuse Corinne Le Quéré. Une enquête auprès de fonctionnaires des finances, banquiers centraux et experts publiée début mai avait conclu que les mesures de relance qui serviront aussi à combattre le réchauffement seront économiquement les plus efficaces.

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