Le confinement actuel est très relatif

La foule qui se presse rue Neuve à Bruxelles faisait pressentir la grande relativité du confinement. Les données de Proximus permettent désormais d'objectiver le phénomène. ©Photo News

Ces derniers jours, les déplacements des Belges atteignent près de 80% de ceux effectués en période "normale", avant la crise du coronavirus. Le confinement est donc très relatif.

80%
des déplacements habituels
Les données de Proximus montrent que ces derniers jours, les Belges effectuent pas loin de 80% de leurs déplacements habituels, par rapport à une période "normale" d'avant coronavirus.

La foule qui se presse rue Neuve ou le retour de certains embouteillages le faisaient pressentir. Mais les données de Proximus permettent d’objectiver le phénomène: ces derniers jours, les Belges effectuent pas loin de 80% de leurs déplacements habituels, par rapport à une période "normale" d’avant coronavirus.

La task force Data Against Corona, qui rassemblait les données des opérateurs télécoms pour scruter les déplacements des Belges, n’est plus active, mais Proximus, numéro un incontesté du secteur avec près de 40% de parts de marché, continue à envoyer, chaque jour, les données agrégées et anonymisées de ses clients à Sciensano. Des données qui mesurent le nombre de Belges qui sortent des limites de leur commune, jour après jour, et que l’institut belge de santé inclut désormais dans son baromètre hebdomadaire.

Le constat? Alors que les déplacements avaient diminué de 43% entre le 18 mars et le 4 mai, cette diminution sur l’ensemble de la Belgique n’est plus que d’une vingtaine de pourcents ces derniers jours. On ne peut pas encore parler de retour à la normale, mais le confinement actuel est très relatif. À noter que la situation est un peu moins marquée pour la Région de Bruxelles-Capitale ou la province d’Anvers – sans doute parce que la densité permet de faire davantage de choses dans les limites de sa commune.

L’effet vacances

On avait déjà atteint des niveaux similaires en décembre, puis les déplacements avaient chuté, suite aux vacances de fin d’année. Mais la rentrée de début janvier a conduit à un retour au niveau d’avant congés.

Les déplacements sont nettement plus nombreux qu'au début du déconfinement, en mai. Or à l'époque, le télétravail n'était plus obligatoire.

Les déplacements sont nettement plus nombreux qu'au début du déconfinement, en mai. Or, à l’époque, le télétravail n’était plus obligatoire, même s’il restait la norme. Les chiffres n’avaient commencé à grimper qu’avec la réouverture des magasins non-essentiels le 11 mai et celle – très partielle – des écoles, le 18 mai. La courbe avait ensuite poursuivi son ascension, notamment après la réouverture des restaurants le 8 juin.

Les déplacements s'étaient un peu calmés durant les grandes vacances, pour atteindre début septembre un sommet depuis le début de la crise du coronavirus. Étonnamment, après le CNS du 23 septembre, qui avait maintenu la bulle des 5 mais par individu et non plus par foyer, et qui n'interdisait plus les voyages en zone rouge mais les déconseillait fortement, les Belges avaient recommencé à moins bouger.

Le passage à la bulle de 3 et la fermeture des cafés à Bruxelles le 6 octobre, puis celle des bars et restaurants assortie d'un couvre-feu le 19, avaient encore freiné les ardeurs. Puis les "mesures de la dernière chance" du 30 octobre, qui conjuguaient télétravail obligatoire, fermeture des magasins non essentiels et des professions de contact,  couplés aux vacances de la Toussaint, ont conduit à un nouveau point bas (mais moindre que celui du premier confinement).

Logiquement, les déplacements sont repartis à la hausse depuis la reprise des écoles et la réouverture des magasins.

Le télétravail toujours pratiqué

Le Google Mobility Report, rapporté par le site Covidata.be, montre toutefois que le télétravail est toujours pratiqué. Ce rapport mesure la fréquentation de différents lieux par les utilisateurs qui ont activé l’historique des positions dans leur compte Google. Ainsi, le 15 janvier, en Belgique, il y avait près de 24% de déplacements en moins vers les lieux de travail. Les commerces de détail et les lieux récréatifs sont loin d’avoir retrouvé un taux de fréquentation normal (-44%), tandis que les lieux résidentiels sont plus fréquentés qu’à l’accoutumée (+12%).

Toujours sur Covidata.be, les données Facebook, qui calculent le nombre de carrés de 600 mètres de côté visités par les gens qui utilisent Facebook sur leur téléphone et ont activé l’option de localisation, montrent eux des déplacements de 8 à 16% inférieurs à la normale selon les villes, pour la dernière date disponible, le 11 janvier.

Les données de Coyote indiquent la même tendance : la semaine dernière, les déplacements étaient inférieurs de 16 à 23% à une semaine normale, selon les jours, en Belgique.

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