Le cours de rien devient un vrai cours de philo

©Kristof Vadino

Joëlle Milquet a adapté son projet de décret sur les cours de citoyenneté et philosophie afin de se conformer à l’avis du Conseil d’État. Les élèves qui ont choisi le "cours de rien" sortent gagnants.

En politique, tout est toujours affaire de subtils équilibres. La semaine dernière, le Conseil d’État avait rendu un avis négatif sur le projet de décret de la ministre de l’Enseignement Joëlle Milquet sur les cours de citoyenneté et philosophie. Il y pointait la différence de traitements entre élèves provenant de réseaux officiel et libre. 

 Et pour cause, si le texte prévoyait l’organisation d’un cours de philosophie et citoyenneté à part entière dans les réseaux de l’enseignement officiel, les élèves du réseau libre gardaient leur cours de religion, la citoyenneté et la philosophie étant reléguées dans les autres branches, à la discrétion des pouvoirs organisateurs, et sans aucun cadre donné. 

Fini le cours de rien

PS et cdH ont tenté de répondre à l’avis du Conseil d’État. En ménageant au passage leur électorat. Le PS a ainsi obtenu que les élèves qui avaient opté pour le "cours de rien" reçoivent deux heures de citoyenneté et philosophie.

 "L’enseignement officiel est donc enfin en mesure d’offrir deux heures de cours de philo et citoyenneté à ceux qui le souhaitent", se réjouit le ministre président de la FWB Rudy Demotte. Ceux, par contre, qui désirent garder une heure de religion ou morale auront donc droit à une heure de citoyenneté et philo, comme le prévoyait le projet initial.

Dans le réseau libre confessionnel, le cdH a obtenu que le cours de citoyenneté et philosophie reste "éclaté" au sein de différentes matières (religion, histoire, géo,…).  Il n’y a donc pas de période dégagée au sein de la grille horaire.  Par contre, il y aura un référentiel commun à tous les réseaux, qui servira de référence à suivre pour le savoir à délivrer aux élèves.  Les cours seront contrôlés par des inspecteurs dédiés à la citoyenneté et la philosophie. Ils travailleront conjointement avec les inspecteurs des matières du cours qui intégrera ces thématiques (géo, histoire,…).  Les élèves seront aussi interrogés sur ces matières, au même titre que le reste (cela interviendra dans la certification de leur réussite). 

Enfin, les profs devront disposer d’un titre pédagogique officiel. Plus question donc, de se proclamer prof de religion sans avoir suivi l’agrégation. Ils auront jusque 2020 pour se former. Au passage, Joëlle Milquet en profite donc pour "recadrer" les professeurs de religion catholique ou islamique parfois "fantaisistes".

Le tout sera valable dans le fondamental dès septembre 2016, et dès septembre 2017 dans le secondaire. 

 

  • Dans l'enseignement officiel et dans le libre non-confessionnel

Le référentiel se traduira concrètement par un réel cours de philosophie et citoyenneté. Celui-ci remplacera, dès la rentrée 2016 en primaire et 2017 en secondaire, une heure hebdomadaire de cours de religion/morale, pour tous les élèves. Pour les élèves dispensés de religion/morale, une heure supplémentaire de philosophie et citoyenneté est prévue.

  • Dans l'enseignement libre confessionnel

Le référentiel équivalent à 30 heures de cours ne sera pas concrétisé de la même manière. Chaque pouvoir organisateur (PO) pourra le "ventiler" d'une manière ou d'une autre, le répartissant en quelque sorte dans différents programmes de cours, dont religion ou histoire, par exemple.

Le nouveau texte doit être voté au parlement dans deux semaines.

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