Le Covid a entamé de 10 mois notre espérance de vie

Le taux de fécondité devrait retomber à 1,54 en 2021. ©BELGA

La crise sanitaire s'est ressentie sur les décès, mais encore davantage sur les naissances. À chaque crise en effet, le taux de fécondité diminue.

L’espérance de vie des Belges a baissé de 81,8 ans en 2019 à 80,9 ans en 2020. En cause, le Covid qui a fait perdre 10 mois d’espérance de vie l'année dernière, alors que depuis 1992, notre espérance de vie augmentait de 2,5 mois par an. C’est l'un des enseignements des nouvelles prévisions démographiques du Bureau du Plan portant sur les 50 prochaines années (2020-2070).

19.000
décès
La surmortalité liée au Covid représente 19.000 décès en 2020 et 2021.

"Cela ne signifie pas que l’enfant qui est né en 2020 vivra dix mois de moins", tempère Marie Vandresse, responsable des projections démographiques au Bureau du Plan. "Par contre, cela signifie que si cet enfant devait connaître durant toute sa vie les mêmes conditions de mortalité qu’en 2020, il vivrait dix mois de moins qu’en l’absence de crise du Covid. L’intérêt de l’exercice est de montrer l’intensité de l’effet Covid sur la mortalité", précise-t-elle.

La surmortalité liée au Covid en Belgique est de 16.000 décès en 2020 et de 3.000 décès supplémentaires en 2021. Ces 19.000 décès seront toutefois en partie récupérés par 13.000 décès en moins au cours des dix prochaines années, puisque les personnes décédées du Covid étaient en majorité des personnes âgées, voire très âgées.

Moins d’enfants avec la crise

Mais le principal impact démographique du Covid concerne surtout le taux de fécondité, comme c’est le cas lors de chaque crise économique. Après avoir atteint un pic de 1,8 enfant par femme en 2008, juste avant la crise financière, le taux de fécondité devrait retomber à 1,54 en 2021. "Les couples hésitent à avoir un enfant dans un contexte socio-économique aussi incertain", souligne Marie Vandresse.

"Les couples hésitent à avoir un enfant dans un contexte socio-économique aussi incertain."
Marie Vandresse
Bureau du Plan

Le taux de fécondité devrait légèrement remonter par la suite mais sur une trajectoire inférieure à celle qui aurait prévalu en l’absence de crise sanitaire. De sorte qu'en 2070, la population belge atteindrait 12,8 millions d’âmes. C'est 150.000 de moins que s'il n'y avait pas eu de crise sanitaire.

En 2020, la population belge a augmenté de 8.000 unités. C’est très peu comparé à la moyenne de 52.000 personnes par an au cours des trente dernières années. Cet affaissement ne s’explique pas tant par le nombre de décès que par le tarissement migratoire provoqué par la quasi-fermeture des frontières. On remonterait ensuite à 30.000 unités en 2021 et 52.000 en 2022, du fait de la régularisation des demandes d’asile bloquées.

Par la suite, on resterait aux alentours de 25.000 habitants supplémentaires par an jusque 2070. C’est qu’à partir de 2040, la génération du baby-boom arrivera en fin de vie et viendra peser sur les statistiques de mortalité.

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