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Le covid long, méconnu et pourtant largement répandu

Une ancienne malade du covid traitée dans le centre de revalidation du Campus Sint-Ursula à Herk-de-Stad (Limbourg). ©katrijn van giel

Une personne sur sept atteintes du nouveau coronavirus conserve six mois plus tard des symptômes variés et, pour la plupart, difficiles à soigner.

Si le covid est un virus sournois, c’est assurément le cas aussi des conséquences à long terme de la maladie. Plus d’une personne sur sept ayant contracté le virus met beaucoup de temps à guérir et traine six mois après des symptômes variés, tels qu'essoufflement, fatigue anormale, pertes de mémoire, difficultés de concentration. Ces deux derniers symptômes sont appelés "brouillard cérébral". Tout cela empoisonne la vie quotidienne et complique souvent le retour au travail.

Le KCE, le centre fédéral d’expertise des soins de santé, s’est penché sur le phénomène et il en tire un certain nombre d’observations et d’enseignements.

Il y a ceux chez qui l’infection virale initiale a causé des dommages à certains organes.

D'abord, le chiffre de 1 sur 7 est une moyenne. Les personnes qui se sont retrouvées à l’hôpital après avoir contracté le virus sont beaucoup plus nombreuses à conserver des symptômes de la maladie.

Le covid long touche aussi bien les personnes qui ont fait une forme grave du covid que celles qui n’ont présenté qu’une atteinte légère, voire asymptomatique. Toutes les catégories d’âge sont concernées, y compris les enfants, mais avec une fréquence plus élevée pour les 35-69 ans.

Plusieurs facteurs explicatifs

Même si on ne peut établir avec certitude comment on attrape le covid long, on observe certains points communs parmi ces patients.

Il y a d’abord ceux chez qui l’infection virale initiale a causé des dommages à certains organes (poumons, cœur, rein…). Ces dommages sont objectivables par des examens médicaux classiques (imagerie, analyses sanguines).

Les symptômes de covid long traduiraient une exacerbation de maladies préexistantes (diabète, maladies cardiaques).

D’autres manifestations de covid long seraient la conséquence de réactions anormales (immunitaires, inflammatoires et auto-immunes) en réponse à l’infection. "Ces mécanismes (...) pourraient expliquer les symptômes plus difficilement objectivables, comme les maux de tête, la fatigue persistante ou le brouillard cérébral", explique le KCE.

Enfin, il y a ceux chez qui les symptômes de covid long traduiraient une exacerbation de maladies préexistantes (diabète, maladies cardiaques) suite à l’infection par le virus ou comme conséquence d’une hospitalisation (syndrome post-soins intensifs par exemple).

Incompris

À côté de ces enseignements tirés de la littérature scientifique internationale, le KCE est allé à la rencontre de patients atteints de covid long en Belgique pour mieux connaitre leur vécu au quotidien. Dans bon nombre de cas, il est question "d’une dégradation manifeste de la qualité de vie, d’une certaine perte d’autonomie et de difficultés à reprendre le travail".

Il y a un sentiment de ne pas toujours être pris au sérieux par les professionnels de la santé.

Le KCE relève également un impact psychologique lourd, principalement des sentiments d’anxiété par rapport à la persistance de symptômes et des difficultés face aux réactions négatives (incrédulité, stigmatisation) dans l’environnement social ou professionnel.

À cela s’ajoute un sentiment de ne pas toujours être pris au sérieux par les professionnels de la santé, notamment parce que les plaintes du patient ne sont pas toujours objectivables par des examens médicaux ou de l’imagerie. "Les patients interrogés déplorent l’absence d’approche holistique, chaque symptôme étant examiné sous l’angle d’une seule spécialité, ce qui a pu donner lieu à une longue errance diagnostique pour certains", épingle le KCE.

C’est pourquoi il est recommandé de mettre en place un "bilan interdisciplinaire" au cours duquel les médecins concernés (pneumologues, infectiologues, neurologues, spécialistes en réadaptation…), ainsi que les kinés, psychologues et travailleurs sociaux pourraient réaliser une évaluation globale du patient, en concertation avec son généraliste.

Le résumé

  • Une personne sur sept malades du Covid n’est pas guérie au bout de six mois.
  • Dans certains cas, certains organes ont été endommagés. Dans d’autres, il s’agit d’une réaction immunitaire anormale à l’infection.
  • Certains patients se sentent incompris par leur entourage, voire par le corps médical.
  • Le KCE recommande une approche holistique de ces patients.

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