carte blanche

Le Covid, un virus discriminant?

CEO de Daoust et Title Media

Chronique de Giles Daoust, CEO de Daoust et Title Media

N’avez-vous pas l’impression que les mesures Covid des gouvernements, un peu partout dans le monde, ont l’air de changer de semaine en semaine, sans parvenir à atteindre leur but, et présentent des contradictions ou des failles de logique plutôt évidentes ? Souvent, quand ce genre de situation se produit, c’est que pour parler vulgairement, on « tourne autour du pot ».

Giles Daoust. ©Mediafin

Selon des chiffres publiés il y a quelque temps dans l’Écho, environ 95% des personnes décédées du Covid depuis le début de la pandémie, sont âgées de 65 ans ou plus. Le reste, soit 500 des 10.000 décès enregistrés en Belgique, était majoritairement des personnes à risque (insuffisances respiratoires, maladies chroniques, cancers). Ces 500 personnes représentent environ 0,05% de la population belge.

Cette statistique capitale n’est cependant presque pas utilisée dans le cadre des politiques Covid. À ma connaissance, aucun gouvernement, dans le monde entier, n’a proposé des mesures Covid visant à protéger spécifiquement les 65+ et les personnes à risque, tout en laissant plus de liberté aux autres (pour éviter l’écroulement de l’économie). Au contraire, la majorité des mesures récentes visent spécifiquement les jeunes et la population active.

Lorsque je parle de ceci autour de moi, mes interlocuteurs évoquent deux raisons : d'une part le principe de non-discrimination, inclus (heureusement) dans la plupart des constitutions ; mais aussi surtout l’intérêt électoraliste, sachant que les 65+ représentent un enjeu majeur dans toute élection (comme en attestent les effets d’annonce récents sur le relèvement du niveau des pensions).

"Nos conditions de vie en 2020 ressemblent à un état de siège. Alors pourquoi ne pas prendre son courage politique à deux mains, et oser prendre des mesures Covid qui tiennent compte des réalités démographiques du virus ?"
Giles Daoust
CEO de Daoust et Title Media

Imaginons un instant qu’un nouveau virus émerge, extrêmement contagieux, et qui représente un danger mortel uniquement pour les hommes. Les femmes y sont totalement immunisées. Il est obligatoire de procéder immédiatement à un confinement au niveau mondial, faute de voir 100% de la population masculine passer l’arme à gauche dans les plus brefs délais.

Deux possibilités: soit confiner l’ensemble de la population, et laisser notre économie planétaire, voire notre civilisation tout entière, s’écrouler soit confiner uniquement les hommes, laissant les femmes circuler librement de sorte à faire tourner l’économie et permettre au monde (et aux hommes) de survivre. Quelle décision prendriez-vous?

Nous sommes bien en guerre...

Cette petite pirouette de science-fiction vise à illustrer mon propos : pourquoi, si un virus représente un danger mortel presque exclusivement pour les 65+ et les personnes à risque, a-t-on recours à des mesures d’ordre général, qui détruisent notre économie et provoquent un endettement massif qui pèsera sur les générations à venir ? Macron n’avait pas tort de dire que « nous sommes en guerre », car nos conditions de vie en 2020 ressemblent à un état de siège. Alors pourquoi ne pas prendre son courage politique à deux mains, et oser prendre des mesures Covid qui tiennent compte des réalités démographiques du virus ? Serait-ce discriminatoire ? Vraiment ? Vous êtes sûr ?

"Si on souhaite un risque zéro, il faudrait notamment interdire les voitures."
Giles Daoust
CEO de Daoust et Title Media

Alors vous allez me dire, quid des quelques centaines de décès Covid qui n’étaient ni 65+ ni à risque ? Je répondrai que si on souhaite un risque zéro, il faudrait notamment interdire les voitures (accidents de la route : 600 décès par an en Belgique). 

Ne faut-il pas penser au « greater good » ? Aux générations futures ? Lorsque l’économie mondiale sera par terre, et que nos enfants et petits-enfants hériteront d’une dette pire que celles des États qui ont perdu une guerre, ceux-ci se tourneront vers nous et examineront avec rancœur certaines de nos décisions qui ont hypothéqué leur avenir.

Giles Daoust
CEO de Daoust et Title Media

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