Le CRM, clé pour sortir du nucléaire, adopté en seconde lecture

Parmi les candidats au CRM: Luminus, qui veut installer une nouvelle unité TGV (turbine-gaz-vapeur) sur son site de Seraing. ©BELGAIMAGE

La modification de la loi sur le CRM, qui doit permettre la sortie du nucléaire, a été adoptée en seconde lecture en commission à la Chambre, vendredi.

L’ex-ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem (MR), qui a mis sur pied le CRM et s’était montrée très critique vis-à-vis des projets en la matière de Tinne Van der Straeten (Groen), qui lui a succédé, s’est finalement ralliée à la majorité. Elle n’a pas déposé l’amendement annoncé pour encadrer les exceptions possibles en matière de limitation des prix. "Je constate que des discussions auront lieu autour de l’arrêté royal. Par solidarité avec la majorité, j’accepte donc de ne pas déposer cet amendement, mais je resterai vigilante",» a déclaré Marie Christine Marghem.

Malgré l’opposition de la N-VA, du Vlaams Belang et du PTB, la modification de la loi proposée par l'actuelle ministre de l’Énergie a été adoptée et va pouvoir être votée en séance plénière la semaine prochaine. On sait que le timing est serré, cette modification de la loi étant nécessaire pour fournir la base légale aux arrêtés royaux qui doivent permettre de préparer les premières enchères, prévues en octobre, sans attendre le feu vert de la Commission européenne, espéré cet été.

Pour la Febeg, le risque existe que le nombre de centrales au gaz construites soit insuffisant pour garantir la sortie du nucléaire après 2025.

Pour rappel, le CRM vise à garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité, en s’assurant que les capacités de production sont suffisantes pour répondre à la demande. Le mécanisme consiste à payer, après enchère, des outils de production d’électricité pour la capacité qu’ils mettent à disposition du marché quand c’est nécessaire. Un soutien qui devrait notamment permettre la construction de nouvelles centrales au gaz.

Insuffisant selon la Febeg

Le coût de ce mécanisme a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mardi, la Febeg, qui représente les producteurs d’électricité ainsi que les fournisseurs d’électricité et de gaz, estimait en outre que le risque existe que le nombre de centrales au gaz construites soit insuffisant pour garantir la sortie du nucléaire après 2025, quand tous les réacteurs nucléaires belges auront été fermés. Selon ses calculs, seuls 2,2 à 2,5 GW de nouvelles centrales électriques seront mis aux enchères cet automne, alors que la capacité du nucléaire sortante est de 6 GW. La Febeg estime par contre que le gouvernement attend trop de la deuxième vente aux enchères, prévue en 2024, qui portera, elle, sur le stockage via des batteries ou la gestion de la demande d'électricité.

En 2017, Elia avait estimé les besoins à 3,6 GW minimum en cas de sortie complète du nucléaire. Des chiffres contestés par le régulateur belge du secteur de l'énergie, la Creg, qui jugeait ces estimations beaucoup trop élevées.

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