Le demi-frère d'Olivier Chastel recalé par la ministre des Pouvoirs locaux

Les deux frères, Olivier Chastel et Thomas Salden, sont très proches. ©BELGA

La candidature de Thomas Salden, demi-frère d’Olivier Chastel, pour une fonction qui semblait taillée pour lui dans une intercommunale carolo commençait à faire tache. La ministre wallonne des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue, a supprimé le poste.

Thomas Salden était candidat au poste de conseiller général à l’ISPPC, l’intercommunale de santé publique du pays de Charleroi, mais plusieurs éléments interpellaient derrière cette candidature. Lesquels? 

  • Ce poste de conseilleur général a été créé de toute pièce, par le conseil d'administration le 12 juin dernier, juste avant son renouvellement. 
  • L'appel à candidatures a été publié le 21 juin, sur le site de l'ISPPC. Les candidats n'avaient alors que neuf jours pour postuler; c'est très court comme délai. 
  • Le salaire n'était pas précisé, mais selon Le Soir, qui a révélé l'affaire, il tournerait autour des 200.00 euros brut. 
  • Aucun diplôme n'était requis; étonnant pour une fonction de cette envergure. Seuls des critères d'expérience étaient précisés.

Plusieurs personnes se sont portées candidates, mais seul Thomas Salden a été retenu. Demi-frère d’Olivier Chastel, l’ancien président du MR, il est aussi secrétaire général adjoint du MR. Mais ce qui semblait suprenant c’est que le poste, comme décrit dans l’annonce, semblait taillé pour lui.

"Violation du principe d’égalité"

Ce mardi, Valérie De Bue (MR) est venue mettre de l’ordre dans ce qui commençait à prendre des airs de scandale pour le parti libéral. Comme l’annonce Le Soir, la ministre vient d’annuler plusieurs actes posés par le conseil d’administration de l’ISPPC. Et notamment ce fameux poste de conseiller général…Pour quelles raisons? "L’examen du dossier administratif ne démontre pas ce qui justifie, concrètement, la création du poste de conseiller général", explique la ministre dans sa décision consultée par nos confrères.

En tant que ministre de tutelle, elle devait donner son approbation avant le 26 août. "Les décisions de tutelle sont prises au regard de la légalité et de l’intérêt général. Les décisions de l’ISPPC étaient dépourvues de motivation", a indiqué Valérie de Bue à L’Echo. Constatant l’absence de négociation syndicale pour la révalorisation des rémunérations, la ministre appelle l’ISPPC "à prendre ses responsabilités". L’appel à candidatures a donc été annulé, relevant qu’il y avait "lieu de craindre une violation du principe d’égalité", pointant ainsi l’absence d’exigence d’un diplôme universitaire, nécessaire pour d’autres postes de ce niveau.

Est également annulée la nomination de Thomas Salden au conseil d’administration de l’ISPPC. Il y siégeait en tant qu’administrateur indépendant, mais les critères du code des sociétés n’étaient pas respectés. Le conseil d’administration avait également approuvé l’augmentation des salaires des directeurs. Annulé aussi parce décidé sans négociation préalable avec les organisations syndicales. à présent, peut-on conclure que l’affaire a "juste"  fait mauvais genre? L’intercommunale pourrait toujours attaquer les décisions de la ministre devant le Conseil d’État. Des représentants d’autres partis avaient validé le nouvel organigramme en juin… Pour le PS et Ecolo, il fallait que la tutelle prenne une décision. "On appelait la ministre De Bue à s’en occuper, c’est fait", conclut-on chez Ecolo.

Le PTB demande un délégué spécial, Défi veut un nouvel audit sur la gouvernance

Le PTB a demandé ce mardi la désignation par le gouvernement wallon d'un délégué spécial qui contrôlerait le fonctionnement de l'intercommunale.

"Ce CA, auteur de cette série de décisions douteuses, n'a plus la crédibilité nécessaire pour diriger l'ISPPC. Ceux qui en sont membres doivent faire un pas de côté", a dénoncé le député et conseiller communal de l'opposition Germain Mugemangango. Le conseil d'administration doit être contrôlé par un délégué spécial du gouvernement régional, plaide le PTB.

"Le gouvernement wallon doit garantir la légalité des décisions prises au sein de cette intercommunale qui gère 5000 travailleurs et qui est d'une importance primordiale pour les citoyens", a souligné Mugemangango. Le PTB réclame un débat sur la gestion de l'ISPPC au conseil communal de Charleroi le 2 septembre.

Toujours dans l'opposition, le conseiller communal DéFI, Jean-Noël Gillard, demande que soit réalisé dans les meilleurs délais un nouvel audit interne sur la gouvernance de l'intercommunale par une instance indépendante. "Dans l'hypothèse où l'audit interne montrerait des erreurs flagrantes de gestion, il faudra alors se poser la question de l'organisation et de la composition du conseil d'administration de l'ISPPC", a souligné Gillard qui demande la fin des "pratiques clientélistes".

 

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