Le fisc ouvre la chasse aux riches clients du prince de Croÿ

Le prince Henri de Croÿ fournissait apparemment à des compatriotes fortunés qui cachaient leurs millions d’euros au fisc et à la Justice. ©Photo News

Après le ministère public fédéral, l'Inspection spéciale des impôts (ISI) a également ouvert une enquête sur la haute noblesse, les chefs d'entreprise et autres Belges fortunés qui ont gravité dans un circuit d'argent autour du prince belge Henri de Croÿ.

Après le parquet fédéral, c’est aujourd’hui l’Inspection Spéciale des Impôts (ISI) qui vient de lancer une enquête sur plusieurs membres de la noblesse, patrons d’entreprises et autres riches Belges ayant participé pendant des années à un obscur carrousel financier gravitant autour du prince belge Henri de Croÿ.

Le ministre des Finances Alexander De Croo (Open VLD) confirme que les analystes de l’ISI sont en train de passer au crible des données (fuitées) sur le réseau du prince afin de constituer des dossiers sur les contribuables dont les noms apparaissent dans les documents.

Grâce au réseau du prince, des clients belges ont pu dissimuler des millions d’euros sur des comptes secrets ouverts dans des paradis fiscaux comme les Emirats Arabes Unis, les Bahamas et Puerto Rico. Ces comptes étaient ouverts au nom de sociétés écrans situées à Chypre, à Hong Kong, aux Emirats et aux Iles Marshall.

Tout était réglé par un réseau international composé d’hommes de paille recrutés par le prince. Les clients belges pouvaient profiter de leur fortune, entre autres via des accords secrets passés avec des coursiers qui transportaient des valises entières de billets de banque vers Bruxelles et Genève. Plusieurs clients belges ont également reçu des "cartes de crédit anonymes" rendant leur identification impossible. 

De nouveaux documents

Le vent a commencé à tourner lorsque nous avons reçu l’an dernier 3.100 documents montrant comment le prince et ses collaborateurs ont aidé au moins une cinquantaine de Belges à dissimuler jusqu’à 13 millions d’euros par personne. Ces données portaient sur la période entre 2002 et fin 2008 et représentaient 2,2 giga octets.

128 Go
de données
L’ISI a obtenu aujourd’hui pas moins de 128 giga octets de données du parquet fédéral.

Mais selon des sources bien informées, l’ISI a obtenu aujourd’hui pas moins de 128 giga octets de données du parquet fédéral, qui les a lui-même reçues de la Justice française. Les enquêtes menées par le fisc et la Justice belges pourraient donc démasquer de nombreux autres citoyens et entreprises belges clients du prince.

Dans les 3.100 documents que nous avons reçus du magazine français L’Obs, il était déjà fait mention d’autres Belges dont le rôle exact n’a pu être établi. Par exemple, une liste de numéros de téléphone du prince comprenait près de 2.500 contacts partout dans le monde, dont au moins 113 de nos compatriotes.

Il s’agissait d’une liste bigarrée de clients, anciens clients, intermédiaires et conseillers, comme des avocats, des banquiers et des notaires. Une banque de données du prince reprenait également au moins 1.100 "structures", sociétés et trusts, situés dans pratiquement tous les pays et îles considérés comme étant (ou ayant été) des paradis fiscaux.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés