Le monde confronté à une pandémie de pollution de l'air

75% des décès attribuables à la pollution atmosphérique surviennent chez des personnes de plus de 60 ans. ©BELGA

Une étude publiée par la société européenne de cardiologie estime que la pollution atmosphérique a été responsable du décès de 8,8 millions de personnes en 2015. La principale cause est liée à l'utilisation de combustibles fossiles.

À l'heure où la planète s'affole face à la propagation du coronavirus, la société européenne de cardiologie lance un avertissement face à une autre urgence sanitaire: la pollution de l'air. "La pollution de l'air est responsable de raccourcir la vie des gens dans le monde à une échelle beaucoup plus grande que les guerres et autres formes de violence, les maladies parasitaires et vectorielles telles que le paludisme, le VIH/SIDA et le tabagisme", affirment les professeurs Jos Lelieveld et Thomas Münzel, de l'Institut Max Planck de chimie et du Département de cardiologie du Centre médical universitaire de Mayence en Allemagne. Les conclusions de leurs recherches ont été publiées ce mardi dans le Cardiovascular Research, le journal de la société européenne de cardiologie.

Les deux scientifiques affirment que leurs "résultats suggèrent que le monde est confronté à une pandémie de pollution atmosphérique."

8,8 millions de décès prématurés

Pour leur analyse, les chercheurs ont utilisé une nouvelle méthode de modélisation des effets de diverses sources de pollution atmosphérique sur les taux de mortalité. Ils estiment que la pollution atmosphérique mondiale a causé 8,8 millions de décès prématurés supplémentaires par an en 2015.

Nous montrons qu'environ les deux tiers des décès prématurés sont imputables à la pollution atmosphérique d'origine humaine, principalement en raison de l'utilisation de combustibles fossiles.
Thomas Münzel
Scientifique

"Cela représente un raccourcissement moyen de l'espérance de vie de près de trois ans pour toutes les personnes dans le monde. En comparaison, le tabagisme raccourcit l'espérance de vie de 2,2 ans en moyenne (7,2 millions de décès), le VIH/sida de 0,7 an (1 million de décès), des maladies comme le paludisme portées par des parasites ou des insectes tels que les moustiques et toutes les formes de violence (y compris les décès dans les guerres) de 0,3 an (530.000 décès)."

Surtout les plus de 60 ans

Toujours selon les deux scientifiques, "les maladies cardiovasculaires sont responsables de la plus grande proportion de vies raccourcies dues à la pollution atmosphérique: 43% de la perte d'espérance de vie dans le monde". Les personnes âgées seraient, d'après eux, particulièrement vulnérables. "75% des décès attribuables à la pollution atmosphérique surviennent chez des personnes de plus de 60 ans."

Les combustibles fossiles (utilisés par les voitures ou le chauffage au mazout) sont particulièrement mis en cause. "Nous montrons qu'environ les deux tiers des décès prématurés sont imputables à la pollution atmosphérique d'origine humaine, principalement en raison de l'utilisation de combustibles fossiles. Cinq millions et demi de décès dans le monde par an sont potentiellement évitables", conclut le professeur Münzel.

 



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