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Le moratoire, une cocotte-minute qui ne dit pas son nom

Journaliste

La nouveau moratoire sur les faillites ne fait que reporter une situation déjà bien explosive.

Pour aider les entreprises, l'État fait sans doute tout ce qu'il peut. En soi, ce n'est déjà pas mal, mais par les temps qui courent, ce n'est pas assez. Et le nouveau moratoire sur les faillites, réclamé à cor et à cri notamment par l'Union des classes moyennes, est une cocotte-minute dont le couvercle ne demande qu'à sauter. Une bombe à retardement, disent les praticiens qui hantent les couloirs des tribunaux de l'entreprise.

Tic-tac-tic-tac, la mèche lentement se consume et la déflagration emportera tout sur son passage. Car voilà bien le danger réel de ce moratoire annoncé par David Clarinval, le ministre fédéral des Indépendants, des Classes moyennes et des PME: il ne soigne pas. Il permet tout au plus de faire passer la douleur, mais le malade ne guérit pas.

Que se passera-t-il lors de la reprise des activités quand ces entrepreneurs devront faire face à leurs dettes reportées? On le sait, entre l'ancien moratoire et le nouveau à venir, il existe un moratoire officieux permettant aux entreprises de souffler. En effet, depuis plusieurs semaines, à quelques exceptions près, l'ONSS et le fisc ne citent plus en faillite. C'est déjà ça. Mais de nouveau, cela ne suffit pas, il faudra songer à étendre le système des exonérations pures et simples ; à défaut, on risque de provoquer un effondrement complet du tissu économique.

Si les entreprises n'ont plus de quoi payer leurs créanciers, ceux-ci risquent de connaître le même sort et tous s'entraîneront les uns les autres dans la chute.

Si les entreprises n'ont plus de quoi payer leurs créanciers, ceux-ci risquent de connaître le même sort et tous s'entraîneront les uns les autres dans la chute. Du côté du cabinet du ministre Clarinval et de celui de Vincent Van Quickenborne, le ministre de la Justice qui tient la plume de cette proposition de loi à venir, on sait que ce moratoire sur les faillites n'est pas la panacée universelle. Raison pour laquelle on envisage de réformer le système de la réorganisation judiciaire (PRJ).

Attention, il ne devrait pas être question ici de gros œuvre mais plutôt de chirurgie esthétique car le système fonctionne, il a fait ses preuves. Il permet aux entreprises de restructurer leurs dettes du passé. Demain, il faudra sans doute mettre au point un moyen de gérer les dettes futures, celles qui, justement, sont en train de naître à cause de ce nouveau moratoire.

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