Le mouvement "Nuit debout" s'étend à Bruxelles

Des personnes réunies à Madou pour le mouvement "Nuit Debout". ©BELGA

Lancé à Paris après avoir essaimé dans plusieurs villes de France, le mouvement inspiré des "indignés" espagnols a organisé son premier rassemblement hier soir à Bruxelles.

Une semaine à peine après son lancement en France, Nuit Debout a fait ses débuts à Bruxelles. Plusieurs centaines de manifestants étaient attendus hier soir. Pour sa première nuit dans la capitale, le mouvement a choisi la place des Barricades, à quelques pas de la place Madou. Lancé mardi midi sur Facebook par le collectif "Bruxelles_nuit_debout", il a immédiatement séduit des centaines d’internautes qui ont massivement relayé l’appel de ses instigateurs. Contactés par "L’Echo", ceux-ci se montrent aussi discrets que leurs homologues parisiens, refusant toute interview. "Nous souhaitons que ce mouvement soit citoyen et non pas incarné par une ou deux personnes en particulier", nous précise l’un d’eux en ligne. "Il n’a pas d’organisation, pas de revendications ni de couleur politique. Ce mouvement est un rassemblement citoyen", insiste un internaute.

"Nous souhaitons que ce mouvement soit citoyen."

Prudents, les organisateurs ont opté pour la place des Barricades car "elle offre trois atouts: son accessibilité, ses nuisances limitées envers les riverains et sa situation en dehors de la zone neutre". À l’instar du rassemblement parisien, le mouvement belge s’appuie exclusivement sur le bouche-à-oreille des réseaux sociaux et sur l’application Periscope notamment pour sa diffusion.

Des préoccupations similaires

"Nous avons l’impression que quelque chose est en train de se passer place de la République à Paris et nous souhaitons mettre en place un relais de cette action à Bruxelles. Nous n’avons pas en Belgique la problématique de la Loi Travail, mais nous avons d’autres sujets de préoccupation dont les fondements convergent avec les problématiques françaises." Avec cette même soif de rassembler et de faire entendre des préoccupations trop souvent négligées par les élus et partis.

©Photo News

Lesquelles? "La déconnexion croissante entre la sphère politique et les problèmes réels, la démocratie malade, l’économie qui gouverne tout le reste, l’évasion fiscale, les politiques d’austérité inefficaces, la corruption, l’écart grandissant entre les super riches et les très pauvres avec la paupérisation de la classe moyenne, etc."

Les sujets ne manquent pas pour ces citoyens insomniaques d’un nouveau genre que l’on compare en France aux "indignés" espagnols à l’origine du parti citoyen Podemos. D’ailleurs, certains de ses élus, dont le député européen Miguel Urban Crespo, ne s’y sont pas trompés et ont immédiatement soutenu les Nuits Debouts parisiennes. Depuis une semaine, celles-ci ont même déjà essaimé dans de nombreuses villes françaises (Nantes, Toulouse, Lyon, Marseille, Metz…). Calqué sur le mouvement de Paris, Nuit Debout Bruxelles pourrait bien connaître le même engouement.

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