Le nouvel atout européen de la Belgique arrive de Berlin

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Willem van de Voorde, diplomate proche du CD&V, a été rappelé de sa mission à Berlin pour reprendre au pied levé la barre de la Représentation permanente auprès de l’UE. Il a la mission difficile de porter la voix d’une Belgique fracturée dans une Europe en pleine mutation.

Willem van de Voorde a été rappelé de son poste d’ambassadeur de la Belgique à Berlin en plein cœur de son mandat. Son nouveau poste, il l’occupe depuis lundi: pilote de la représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne. La plus grande des missions diplomatiques de la Belgique avait perdu son chef à l’automne dernier en même temps que la Belgique perdait son Premier ministre – Charles Michel ayant recruté le représentant permanent François Roux au Conseil européen.

Le gouvernement en affaires courantes a donc opté pour un diplomate proche de la famille chrétienne-démocrate pour assurer la mission délicate de représenter une Belgique fracturée dans une Europe en pleine mutation.

Diplômé en droit et sciences politiques, il avait entamé sa carrière diplomatique à la "RP" et mené une carrière largement européenne. Avant son passage de deux ans à Berlin, il a été ambassadeur à Vienne, et Représentant permanent auprès des Nations unies dans la capitale autrichienne. Il est étiqueté CD&V, ce qui ne l’a pas empêché d’être, de 2011 à 2014, chef de cabinet pour les Affaires européennes du libéral Didier Reynders, alors vice-Premier ministre.

Il a également dirigé l’administration Europe des Affaires étrangères. "Il a un style assez chaleureux, c’est quelqu’un qui est à l’écoute, il est politique mais il est prêt aussi à entrer dans la technicité des dossiers. On est assez contents de le voir arriver", commente une source dans les couloirs du 65, rue Belliard.

Maillon de la législation

Conséquence immédiate de l’opération: l’équilibre linguistique est rompu, puisque le numéro deux de l’ambassade, Jan Hoogmartens, est également néerlandophone. Il devrait accrocher son wagon au train des mouvements diplomatiques de l’été prochain, mais attendre ce grand mercato n’était pas une option au moment où la Commission européenne se met en branle.

"Pour l’instant, on est dans des phases organisationnelles, mais tout ce qui va se déployer au niveau de la Commission va se développer dans le ‘pipe’ du Conseil", souligne cette autre source au sein de la représentation belge. Car si comme tout ambassadeur van de Voorde a pour mission d’entretenir le carnet de contacts de la Belgique, il est surtout l’un des maillons du processus législatif européen.

À la table du "Coreper II", comité des représentants permanents pour l’Économie et la Finance, les Affaires étrangères ou encore la Justice et l’Intérieur, il est chargé de porter chaque semaine la voix belge dans la négociation des lois et positions européennes. Il prémâche ainsi le travail des ministres: co-législateurs, ils ne tranchent que les questions que leurs diplomates ne seront pas parvenus à résoudre. Une mission délicate à l’heure des négociations sur le prochain budget de long terme de l’Union ou du Pacte vert européen: des sujets sur lesquels porter la voix de la Belgique peut parfois relever du funambulisme.

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