Le Pacte d'excellence, Plan Marshall de l'enseignement

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Après 10 mois de gouvernement, le ministre-président de la FWB tire un premier bilan de l’action de son gouvernement. Un bilan centré sur l’enseignement, qui représente 80% des budgets.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est en place depuis 10 mois. L’occasion, pour son ministre-président Rudy Demotte, de tirer un premier bilan de l’action menée. Une action dont la pièce maîtresse est le Pacte pour un enseignement d’excellence"Le chantier est en marche", dit-il. Mais pour les actions concrètes, il faudra encore un peu patienter. "Toute la mécanique de concertation, d’études, de méthodologie a été définie dans un laps de temps très court, explique Rudy Demotte. Je rappelle qu’on est à moins d’un an de la mise en place du gouvernement. Or on ne parle pas de la commande d’un frigo, c’est un corps extrêmement lourd à déplacer…"

Le chantier du Pacte d’excellence est en marche, mais il faut être patient, comme avec la formation des profs.

En attendant, on a déjà la promotion sociale et l’enseignement qualifiant à se mettre sous la dent.

Ce Pacte, Rudy Demotte le compare au Plan Marshall wallon. "On a voulu mettre en place une procédure analogue à celle du Plan Marshall en termes de gouvernance, que ce soit pour l’évaluation, l’estimation des besoins, l’accompagnement des projets, le brassage des bonnes idées."

Même s’il ne relève pas du Pacte piloté par la ministre de l’Enseignement Joëlle Milquet, le dossier de la formation des enseignants permettra aussi d’engranger des résultats en bout de course. Une première ébauche de la réforme a été dévoilée en début de semaine. Elle annonce notamment un allongement à cinq ans de la formation des profs. Avec une formation allongée de deux ans, ne risque-t-on pas de créer un manque de jeunes profs? "Il ne faudra pas déstructurer l’enseignement, et créer un trou générationnel dans les écoles", confirme Rudy Demotte. Cela, il faudra en tenir compte dans l’allongement de la formation, tout comme il faudra tenir compte de la situation budgétaire difficile de la FWB."

"On n’est pas sûr des économies qui pourront être faites avec la lutte contre l’échec."
Rudy Demotte
Ministre-président de la FWB

En effet, certains évoquent un coût de 500 millions pour l’allongement de la formation des enseignants. Un chiffre que Rudy Demotte refuse de confirmer, même s’il reconnaît que "cela coûtera cher". "On va rythmer la réforme en fonction de nos moyens et du gap générationnel. C’est cela aussi l’objet du Pacte d’excellence, c’est-à-dire comment faire l’adéquation entre nos ambitions et nos moyens." Et la lutte contre l’échec scolaire et le redoublement permettra-t-elle de financer la réforme, comme l’avait évoqué Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Enseignement supérieur, il y a un an et demi? "C’est une possibilité mais il faut être sûr de son coup… Or on n’est pas sûr des économies qui pourront être faites avec la lutte contre l’échec. Et je dois préciser qu’elle n’est pas faite dans le but d’économiser et recycler les moyens, mais elle se fait dans le but d’amener les élèves au plus haut niveau de formation possible."

À côté de ces gros chantiers, le gouvernement de la FWB a déjà engrangé d’autres mesures, moins visibles mais tout aussi importantes. Rudy Demotte cite notamment les budgets débloqués pour la création de 7.300 nouvelles places en crèche"Les gens sont déjà assez perturbés par les incertitudes dues aux mesures fédérales, comme les pensions, l’index. Pas besoin d’en rajouter de notre côté. Et la crèche, c’est important quand on veut travailler et que l’on a une famille. Le premier obstacle à l’emploi, c’est quand on ne trouve pas d’endroit pour garder ses jeunes enfants."

Le gouvernement de la FWB a aussi réformé l’enseignement qualifiant en créant un "statut unique" de l’apprenant, qui lui donne une porte d’entrée vers l’entreprise. Qu’il soit issu de l’enseignement qualifiant ou de l’alternance. À cela vient se greffer la création des bassins scolaires. "Ils ont été conçus sous la précédente législature, mais ils viennent maintenant au monde", dit Rudy Demotte. À quoi serviront-ils? "Ils permettent aux apprenants de voir si, dans leur secteur, on répond à leur volonté de formation." C’est-à-dire si leur formation correspond aux besoins actuels des entreprises.

Enfin, le gouvernement a également travaillé sur l’enseignement de promotion sociale, en rendant à la fois son accès plus souple, et en en faisant un tremplin vers l’enseignement supérieur. "L’idée est de faire en sorte que les voies d’accès soient facilitées. On a harmonisé les pratiques pédagogiques, on a amélioré l’accompagnement personnalisé des étudiants et on essaye de pouvoir répondre au mieux à leurs besoins horaires. Car on peut aussi avoir des étudiants qui travaillent ou qui ont des contraintes familiales. Enfin, on y permet aussi l’e-learning."

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