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Le pacte de non-agression écolo-socialiste

©Aude Vanlathem

Les relations sont souvent tendues entre partenaires de la Vivaldi. Cependant, PS et Écolo marchent main dans la main. Jusqu'à quand?

Cela fait un moment qu’il dure cet embouteillage à gauche. Après Écolo, c’est le PTB qui s’est implanté aux côtés du PS dans le paysage francophone. Il n'arrête pas de tailler des croupières à son ennemi juré, dans les couches populaires, dans les syndicats. Un casse-tête pour les socialistes que cette pléthore qui s’offre ainsi à l'électeur progressiste.

Et celui-ci n’est pas près de fêter le grand rassemblement des gauches, celui qui en son temps avait propulsé François Mitterrand à l’Élysée et fait basculer un pays entier. En Belgique, entre socialistes et communistes, la guerre est ouverte. Dernières joutes en date: le débat sur les dépenses du PTB sur les réseaux et cette manie pétébiste de prendre les coordonnées des sinistrés wallons auxquels les bénévoles du peuple viennent en aide.

Entre PS et Écolo, par contre, les relations sont d'une cordialité qui pourrait surprendre. Bien sûr, les deux partis gouvernent ensemble au fédéral, en Régions et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais tout de même, ne sont-ils plus concurrents? Un pacte de non-agression a immanquablement été signé. Chez les rouges, on se dit heureux de cette collaboration avec les verts, excepté dans la capitale où l'échec de la campagne de vaccination mine les relations entre les deux alliés.

Mais la situation bruxelloise n'entame pas la solidité de l'axe formé par Paul Magnette et Jean-Marc Nollet. Après avoir négocié plusieurs accords de gouvernement, les deux présidents se sont habilement répartis les rôles. Au PS de remplir les tranchées face au PTB et de mener la vie dure à l'aile droite (flamande surtout) du gouvernement. À Écolo de se profiler sur les terres libérales. Dans de récentes interventions, Jean-Marc Nollet n'a eu de cesse de qualifier de libérales ses prises de positions tandis que son parti développe depuis plusieurs années un discours séduisant les jeunes entrepreneurs et les classes moyennes. Ringardisé, le MR a perdu des plumes au sein de l'électorat urbain plutôt aisé et il le sait. Au sein de la Vivaldi ce pacte rouge-vert se manifeste aussi. Les écologistes ont accueilli avec bienveillance la réforme des pensions de Karine Lalieux pourtant imposée au forceps dans le débat. Le PS ne devrait pas l'oublier.

En attendant le livre de Magnette

Cette harmonie écolo-socialiste résistera-t-elle au virage doctrinaire que Paul Magnette entend faire emprunter à son parti? Le Carolo vient de théoriser dans un livre qui sortira l'an prochain ce que doit être l'écosocialisme à ses yeux. Il considère aujourd'hui ce cadre idéologique comme une planche de salut pour la gauche réaliste. Articuler lutte contre les inégalités sociales et basculement écologique, voici qui ressemble furieusement au projet politique d'Écolo. De quoi animer la campagne de 2024... et créer quelques tensions entre les deux partenaires.

La concurrence est déjà un peu plus saignante entre les socialistes de Vooruit et Groen.

Côté flamand on relèvera que la concurrence est déjà un peu plus saignante entre les socialistes de Vooruit et Groen. Au sein de la Vivaldi, certains décèlent même un petit jeu en triangle au Nord du pays. Conner Rousseau, président de l'ex-SP.A, n'a de cesse de faire du gouvernement De Croo un gouvernement de gauche, ce qui est évidemment légitime pour un socialiste. Mais cette posture répétée sert surtout le discours d'opposition de la N-VA contre Alexander De Croo. En retour, Bart De Wever concentrerait ses attaques sur les écologistes au profit de Vooruit, perçu comme clé de voûte d'un accord PS/N-VA en 2024. En attendant, ce win-win ne favorise pas la confiance au sein de l'aile flamande du gouvernement De Croo.

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