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Le parapluie de l'incompétent

Si nous avions eu un homme politique d'une carrure comparable aux grands dirigeants d’entreprise de notre pays, celui-ci serait aujourd'hui vacciné efficacement.

Ce pourrait être le début d'une fable, si nous ne parlions pas d'un sujet aussi dramatique. Comme tout bon citoyen, vous attendez, comme moi sans aucun doute, que nous puissions à nouveau mener notre vie d'avant, celle qui nous permettait d'embrasser nos proches, nos amis et nos collègues de travail, celle qui nous permettait d'aller au restaurant à notre guise, de voyager où nous le voulions et quand nous le décidions…  Bref, une vie dans laquelle nous nous sentons libres. 

L'indigence de nos décideurs ne peut plus se cacher.

 Nous savons aussi que la vaccination est le passage obligé pour y arriver. Et dès lors, nous l'attendons pour la grande majorité avec une impatience qui ne cesse de croître.

Mais ce que nous n'avions pas appréhendé, c'est le niveau élevé d'incompétence de nos dirigeants. Voilà un effet positif du Covid 19: l'indigence de nos décideurs ne peut plus se cacher

Ce qu’il aurait fallu faire

Réfléchissons ensemble quelques instants avec objectivité et honnêteté: dès le mois de juillet, nous savions tous qu'un ou plusieurs vaccins arriveraient prochainement. Bien sûr, la date de ce moment tant attendu nous était encore inconnue; mais nous pouvions déjà prévoir qu'il arriverait vers la fin de l'année 2020. 

N'importe quelle personne responsable aurait sans aucun doute pris l'initiative dès juillet 2020 de réunir une task force destinée à préparer l'ensemble des actions à prendre, de déterminer les personnes prioritaires, choisir les lieux de vaccination, acheter les seringues, mettre en place le software et la méthodologie des convocations … En un mot, se préparer pour actionner le processus de vaccination à grande échelle au plus vite dès l'agréation par les autorités européennes du ou des vaccins.

Eric Verlinden, CEO de Trevi Group ©LN24

Et bien, en pratique force est de constater que rien de tout cela n'a été entrepris à heure et à temps! Nothing, nada, schnoll.

Constatant sans doute rapidement qu’ils ne pourraient pas répondre à la légitime attente de leurs électeurs, ces incompétents ont alors immédiatement utilisé les deux parapluies qui traînaient dans les couloirs du Parlement. Le premier s'appelle les experts, et le deuxième, les sociétés productrices des vaccins. Ah, ce magnifique parapluie des experts: ces derniers se sont manifesté tant et plus dans la presse au point de prendre plus d'espace médiatique que les gouvernants eux mêmes.

Excès de prudence et de pessimisme

Posez-vous la question: comment et pourquoi cela s’est-il produit? Simplement parce que les politiques se sont sentis totalement protégés par ce parapluie qui préconisait de rester très prudents, qu'une 3e voire une 4e vague était inéluctable, qu’un confinement de plusieurs mois devenait inévitable…. N'oubliez pas non plus que ces experts confectionnaient eux-mêmes discrètement leur propre parapluie: en prenant des positions aussi pessimistes, ils se protégeaient d'une erreur professionnelle et d'une mise en cause ultérieure de leur responsabilité. La seule obsession depuis plusieurs mois, tant pour les politiques que pour les experts, se résume donc de manière très simple: ne pas être mis en cause pour défaut de prévoyance. La fameuse affaire du sang contaminé en France, qui avait coûté à l’époque à Laurent Fabius son avenir politique, a laissé des traces indélébiles chez nos pseudo-responsables. Enfin, les médias eux mêmes trouvent, eux aussi, leur intérêt dans cet engrenage infernal en voyant leur part de marché progresser plus vite grâce aux nouvelles négatives. Pourquoi donc ne pas en remettre une petite couche...? 

Nous sommes au 20e rang du peloton européen. Ce seul chiffre suffit à démontrer l’incompétence de cette équipe d’amateurs qui nous dirige.

Le deuxième parapluie, c’est celui des sociétés pharmaceutiques accusées de mille maux, désireuses de gagner énormément d'argent en vendant à un prix éhonté ces vaccins tant attendus. Soyons objectifs ici aussi: si nous disposons aujourd'hui de ces précieux sésames nous laissant entrevoir enfin la réouverture des portes de la vie normale, c'est grâce aux investissements à risque que ces sociétés ont lancés en mobilisant leurs équipes de scientifiques. Qu'ils en récoltent les fruits semblent pour le moins logique. Nous devons aussi sans doute rendre à Trump et à Angela Merkel ce qui leur appartient: c'est grâce à leur soutien financier de plusieurs milliards de dollars ou d’euros que les équipes de chercheurs ont réussi ce que d'aucuns pensaient impossible: produire un vaccin ARN efficace en quelques mois.  

Les retards, les erreurs, le manque d‘organisation, la cacophonie généralisée se sont accumulés depuis le début de la vaccination, obligeant la population à continuer à vivre comme si ce vaccin restait hypothétique alors que d’autres pays, eux, montraient qu’il y avait moyen d'avancer à pas de géants. Aujourd’hui, nous sommes au 20e rang du peloton européen. Ce seul chiffre suffit à démontrer l’incompétence de cette équipe d’amateurs qui nous dirige.

Sonner le tocsin

Et voilà le peuple belge, docile et peu contestataire comme peu d'autres, prêt à obéir à ces diktats dont la genèse reste de se protéger lui-même… tout en distillant un discours de bienveillance populaire du meilleur effet. 

Ne serait-il pas urgent de nous réveiller un peu, de battre le tocsin et faire comprendre à nos élus que le temps de l'endormissement, de l'abrutissement, de l'obéissance docile est révolu? Ne serait-il pas temps de mettre nos hommes politiques face au mur, de fermer leurs parapluies? 

La distribution par les décideurs actuels de cet argent public destiné à masquer leur propre indigence se paiera cash aujourd’hui et demain.

 Nous payons tous actuellement le prix de leur manque de clairvoyance, de vision, d'anticipation, d'esprit de décision. D'un côté, nos indépendants, qui voient leur chance de survie fondre plus vite que la banquise du Pôle Nord. Mais cela concerne aussi chaque citoyen jeune, vieux, flamand, bruxellois ou francophone, indépendant ou employé. N'oublions pas que l'augmentation de la dette publique nationale concerne chaque personne de ce pays et les générations suivantes. N'oublions pas que c’est nous et nos enfants qui paierons les dettes colossales consenties par les décideurs actuels et que ladistribution par les décideurs actuels de cet argent public destiné à masquer leur propre indigence se paiera cash aujourd’hui et demain.

Certains nous disent que les ministres sont trop bien payés pour ce qu'ils font. Sincèrement, c'est une énorme erreur. Nous devrions  bien au contraire payer nos dirigeants nettement mieux … Mais en contrepartie, en réduire le nombre et exiger de leur part une compétence totale dans les matières qu'ils gèrent. 

Si nous avions eu un homme politique d'une carrure comparable aux grands dirigeants d’entreprise de notre pays, celui-ci serait aujourd'hui vacciné efficacement. Il aurait présenté une feuille de route pour un déconfinement progressif, redonné espoir à toute une population qui, actuellement, a renoncé progressivement à suivre les consignes par manque de visibilité. Bref, il nous manque des hommes respectueux des valeurs démocratiques, mais capables par leur charisme et leur efficience de montrer le chemin à suivre. 

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