Le parcours belge de Fabien Clain, la "voix de Daech"

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Les frères Fabien et Jean-Michel Clain, ciblés depuis des mois par la coalition internationale en Syrie auraient été touchés. Ils ne sont pas pour rien dans l’essor des réseaux djihadistes belges.

À 41 et 38 ans, ils faisaient office de vétérans de l’islam radical. Selon la presse française – et bien que le gouvernement n’ait pas confirmé – Fabien Clain aurait été tué par frappe ciblée de drone et son frère Jean-Michel grièvement blessé. Cela faisait des mois que la coalition internationale en Syrie cherchait à éliminer ces cadres du groupe État islamique. Ils avaient revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 à Paris dans un enregistrement.

Les frères Clain ont permis, au début des années 2000, de nouer des liens étroits entre Bruxelles et la France. Nés à La Réunion, ils s’implantent à Toulouse, dans le quartier de Bellefontaine, où ils s’inscrivent dans la mouvance radicale locale. Les frères agissent en clan et imposent la charia à leur famille.

Fabien Clain est ainsi considéré comme le fondateur d’un réseau franco-belge d’acheminement de candidats au djihad en Irak, démantelé à partir de 2007.

C’est en janvier 2003 que Fabien Clain débarque à Bruxelles, plus particulièrement à Anderlecht, rue Otlet. Selon une source française, les frères Clain étaient déjà parmi "les principaux relais entre les ‘frères’ installés dans les capitales européennes et leurs homologues parisiens et toulousains". Fabien Clain est ainsi considéré comme le fondateur d’un réseau franco-belge d’acheminement de candidats au djihad en Irak, démantelé à partir de 2007. Les frères étaient en contacts réguliers avec le "groupe de Bruxelles", rassemblé autour de Farouk Ben Abbes. Ils ont ainsi fréquenté l’époux de la boulangère belge Muriel Degauque, première kamikaze européenne, morte en Irak dans un attentat à la voiture piégée. À Bruxelles, ils fréquentaient aussi le djihadiste converti Thomas Barnouin, passé à l’État islamique en 2014 et arrêté par des milices kurdes en 2018.

Toujours selon une source française, Fabien Clain considérait la Belgique, déjà dans les années 2000, comme "la plaque tournante de la propagande religieuse à l’échelle de l’Union européenne". C’est ainsi que lui et son frère se sont formés au Centre d’éducation culturelle de la jeunesse El Maarifa, à Saint-Josse-ten-Noode, un centre saoudien pro-salafiste. Depuis la Belgique, Fabien Clain était devenu le distributeur en France de maisons d’éditions islamiques et a même créé une société fabriquant des cassettes à contenu religieux.

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Dès 2003, les frères Clain étaient sous surveillance de la Sûreté de l’État, avant d’être expulsés. En France, ils finiront par être condamnés pour terrorisme, après avoir parlé – déjà – d’une attaque terroriste au Bataclan, en 2009.

Mais les liens entre les Clain et la Belgique ne se sont pas arrêtés là. En novembre 2013, Fabien Clain est hébergé par un ami rue Van Hoegaerde à Molenbeek. Pendant des semaines, il s’occupe… en livrant des pâtisseries dans des restaurants et fréquente les mosquées salafistes fréquentées par des djihadistes. Parti rejoindre Daech et son frère en février 2015, Fabien échangeait avec Farouk Ben Abbes via Skype, vantant la vie en Syrie. Les Clain n’avaient jamais envisagé revenir en Europe.

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