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Le parfois si bavard Mehdi Nemmouche

Mehdi Nemmouche, tel que dessiné lors de son premier procès en 2014. ©AFP

L’acte d’accusation du procureur fédéral, envoyé aux parties à six semaines du procès de la tuerie du musée juif, délivre des détails inédits sur le parcours du principal accusé.

Le procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, jugés pour assassinats dans un contexte terroriste, débutera le 10 janvier devant la cour d’assises de Bruxelles. Il s’agit du premier attentat commis par l’organisation État islamique sur sol européen, achevé par le décès de deux touristes israéliens et deux employés du musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014.

Dans l’acte d’accusation, envoyé aux parties du procès, on peut découvrir à quel point, hors du bureau du juge où il a quasiment toujours été muet, Mehdi Nemmouche se fait parfois plus loquace. Il s’était radicalisé en prison, dans le sud de la France, au point d’avoir créé un "pôle prosélyte" et de se faire surnommer "Mehdi le barbu", selon ses anciens voisins de cellule. Il avait affirmé au directeur de la prison de Salon-de-Provence: "Vous, les suppôts de la République vous devriez me supprimer physiquement car dès que j’en aurai l’occasion, je n’aurai de cesse d’éliminer le plus de personnes." Une fois libéré en 2012, il a pris le chemin de la Syrie, intégrant l’encore méconnu groupe terroriste État islamique (EI), devenant geôlier.

Interpellé à Bruxelles

Après l’attaque du musée, il est interpellé à Marseille, dans le car Eurolines qui venait de le transporter depuis Bruxelles. Aux trois douaniers qui viennent de découvrir sa kalachnikov dans son sac plastique Décathlon, il a dit "de façon très zen" de faire attention car il y avait peut-être une bombe dedans. Durant son voyage entre Marseille et Paris, où il sera interrogé, il discute avec les policiers qui l’accompagnent, parlant conflit bosniaque, cinéma français des années 50 à 70, répertoire de Charles Aznavour…

"Dès que j’en aurai l’occasion, je n’aurai de cesse d’éliminer le plus de personnes."

Puis, il s’est tu, affirmant être furieux de voir toute l’affaire sortir dans la presse. Avant de lâcher, en 2016, à un policier: "Vous me prenez pour un débile? Vous savez très bien que j’ai à voir avec cette affaire, ce n’est pas un ange qui est venu devant chez moi déposer les armes et me dire: ‘Va te faire des juifetons’! Les armes, on me les a données. Je ne suis pas un assassin, je n’ai tué personne."

Dans le Pro Book de Nemmouche, acheté dans un cash converters bruxellois un mois avant l’attaque, se trouvaient sept revendications filmées. On n’y voit pas de visage mais on entend une voix gutturale, pouvant être attribuée à Nemmouche selon les enquêteurs et des experts. Elle dit, au nom de l’EI: "Ce n’est que le début d’une longue série d’attaques sur la ville de Bruxelles, nous avons la ferme détermination de mettre cette ville à feu et à sang." Menace mise à exécution depuis.

Mehdi Nemmouche nie être l’auteur des coups et reconnaît "une implication matérielle" selon Me Sébastien Courtoy, qui le défend avec Mes Virginie Taelman et Henri Laquay.

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