Le parlement slovaque réclame une enquête de la Commission dans l'affaire Chovanec

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La Slovaquie demande à la Commission européenne de mener une enquête sur la mort de son ressortissant Jozef Chovanec à l'aéroport de Charleroi il y a deux ans.

Le parlement slovaque a adopté une résolution dans laquelle il est demandé que la Commission européenne enquête sur l'affaire Chovanec, du nom de ce ressortissant slovaque décédé à l'aéroport de Charleroi en 2018.

Le texte, déposé par l'opposition, a obtenu le soutien de l'ensemble du parlement de Bratislava, rapporte la VRT. Ce vote démontre le mécontentement grandissant en Slovaquie à l'encontre de l'arrestation musclée dont a été victime le ressortissant de ce pays.

La Slovaquie indique ainsi ne pas suffisamment faire confiance à une enquête belge et souhaite que la Commission européenne se penche sur cette affaire. Selon la VRT, c'est à Didier Reynders, en tant que commissaire européen à la Justice, que la demande est adressée. Celui-ci était alors ministre belge des Affaires étrangères au moment des faits.

Selon l'agence de presse slovaque TASR, le ministre slovaque des Affaires étrangères Ivan Korcok a déjà exprimé son soutien à la résolution du Parlement, ajoutant que ses services "surveillent de près l'enquête en cours".

Les gestes des policiers ne seraient pas la cause du décès

Il ne semble pas prouvé, au stade actuel de l'enquête, que les gestes posés par les policiers sont la cause directe du décès de Jozef Chovanec, a réagi ce mercredi soir le parquet général de Mons. "Il s'agit là du nœud de l'enquête", indique le parquet général de Mons. "Par leurs comportements, les policiers peuvent-ils être considérés comme pénalement responsables de la mort de la victime?", s'interroge-t-il.

De nombreuses expertises ont été ordonnées par le juge d'instruction, notamment une autopsie, une anatomopathologie ainsi que des analyses toxicologiques. "En l'état actuel des expertises, aucun élément ne démontre de signe de compression thoracique exercée par les policiers qui serait en lien avec le décès de la victime", précise le communiqué. La veuve de la victime, Mme Chovancova, a affirmé plus tôt dans la journée que son mari "a été étouffé et était déjà mort en cellule".

Le parquet s'est par ailleurs attardé sur les images de vidéosurveillance des faits, dont une copie a été enregistrée sur une clef USB et dont le contenu fut ensuite gravé sur un CD Rom. "Ce n'est pas le serveur central qui a été saisi. Cela signifie que la police a donc toujours gardé l'original des images, nonobstant la saisie opérée, et qu'elle pouvait parfaitement visionner celles-ci à tout moment, indépendamment de l'enquête judiciaire en cours, et spécialement dans le cadre de ses compétences disciplinaires", insiste-t-il. L'instruction se poursuit, conclut-il.

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