Le parquet de Bruxelles classe sans suite l'enquête sur Reynders

©Photo News

L’information ouverte au parquet de Bruxelles concernant des allégations de corruption a été refermée. La route de Didier Reynders est libre pour le poste de commissaire européen.

Deux semaines après la révélation, dans De Tijd et L’Echo, de l’ouverture d’une information judiciaire visant le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, celle-ci a été classée sans suite par le parquet de Bruxelles. C’est l’avocat de M. Reynders, Me Didier Matray, qui l’a révélé dans un e-mail adressé à l’agence Belga. Contacté, le parquet de Bruxelles a confirmé l’information, refusant de préciser si des devoirs d’enquête avaient été effectivement réalisés. Pour Me Matray, ce classement sans suite a été conclu "faute du moindre délit".

©Photo News

Le timing de ce classement sans suite bénéficie évidemment à Didier Reynders, qui doit être auditionné ce mercredi 2 octobre devant les commissions parlementaires de la Justice et des Libertés civiles, afin de confirmer son futur statut de commissaire européen à la Justice. En effet, des parlementaires avaient déjà prévu des questions sur ce dossier brûlant, alors que Didier Reynders aura, s’il obtient le blanc-seing européen, la responsabilité de la Justice et du contrôle de l’État de droit.

Déclarations à la police 

En avril dernier, Nicolas Ullens de Schooten, ancien agent de la Sûreté de l’État de 2007 à 2018, s’était rendu dans les locaux de la police fédérale pour présenter une série de déclarations tonitruantes à l’encontre de Didier Reynders. Il était question de marchés publics et d’achats de l’État, notamment sur le déménagement de la police fédérale au centre administratif de Bruxelles, le Kazakhgate ou un dossier de fonds libyens.

À l’issue de ce témoignage, ces déclarations avaient été transférées au parquet de Bruxelles qui a ouvert une information judiciaire. La question se posait de savoir si le dossier allait ensuite être transmis au parquet général, apte à traiter les dossiers concernant des ministres en exercice. La réponse est donc: non. Nicolas Ullens était ensuite apparu dans la presse, accompagné de son avocat, pour préciser ses accusations sans les appuyer de documents ou éléments de preuve. Il avait toutefois évoqué des noms de témoins ou sociétés selon lui impliquées. Il avait justifié ses déclarations car il trouvait "inacceptable que M. Reynders soit candidat au poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe". Me Matray, conseil de Didier Reynders, avait fustigé des "accusations qui ne cherchent qu’à nuire".

Contacté ce vendredi soir, Me Alexis Deswaef, avocat de Nicolas Ullens, n’a pas souhaité faire le moindre commentaire. Mais il a laissé entendre que l’affaire n’en resterait pas là.

Parmi les possibilités ouvertes à son client, reste l’éventualité d’une plainte avec constitution de partie civile, qui permettrait la désignation d’un juge d’instruction.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés