Le Parti Populaire n'est plus

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La dissolution de la formation d'extrême-droite a été votée ce jour à l'unanimité en Bureau de parti.

Voilà, c'est fini. La Parti Populaire (PP), emmené par l'avocat Mischaël Modrikamen, va être dissout. La décision a été prise ce jour en Bureau de parti et votée à l'unanimité, apprend-on. La fin d'une aventure de près de 10 ans pour la formation créée le 26 novembre 2009 par l'homme fort de l'affaire Fortis aux côtés de l'économiste et philosophe flamand Rudy Aernoudt.

A l'époque, le PP voulait rassembler sous une même ombrelle la droite libérale, la droite conservatrice, et les déçus du système, qui votent une fois FN, une fois Ecolo. Une stratégie qui lui permis, en 2010, de gagner un élu, en la personne de Laurent Louis. Dans les six mois, le député était exclu pour ses propos radicaux, emportant avec lui, dans une querelle fraternelle, la tête plus modérée du parti qu'était le cofondateur Rudy Aernoudt.

Depuis, sous la houlette de Mischaël Modrikamen, la ligne s'est alors "droitisée" au fil des années, chassant le désir de draguer le centre des débuts. Et ce, alors même que le MR par exemple, incarne parfois une ligne plus progressiste que celle qui vit chez ses électeurs, ce qui offrait une opportunité claire de conquête.

"Si la liste Destexhe avait accepté de s'allier à nous, nous aurions vraisemblablement eu des élus au Fédéral, dans les Régions et à l'Europe. Mais il ont choisi de ne pas entendre notre appel... Ils n'ont rien compris. Pourtant, nos différentes idéologiques sont minimes".
Mischaël Modrikamen

Mais ce chemin n'a pas été emprunté. Et le PP n'est pas parvenu à convaincre ici le 26 mai dernier. Résultat, avec 75.000 voix à la Chambre, contre plus de 100.000 en 2014, c'était vivre sans élu et sans dotation qui attendait le parti. "Or, j'ai vu ce que c'est d'oeuvrer avec et sans moyens", nous confie Mischaël Modrikamen qui dit dès lors, en substance, que continuer comme cela ne faisait pas sens. Et ce, malgré la professionnalisation de l'organe réalisée en quelques années.

Interrogé sur la fin de cette aventure, personnelle d'abord, l'homme se dit évidemment déçu. Notamment par la désunion des droites qui a pesé sur le score du parti. "Si la liste Destexhe avait accepté de s'allier à nous, nous aurions vraisemblablement eu des élus au Fédéral, dans les Régions et à l'Europe. Mais il ont choisi de ne pas entendre notre appel... Ils n'ont rien compris. Pourtant, nos différentes idéologiques sont minimes", martèle-t-il.

Pour autant, la page se tourne. Mischaël Modrikamen avait d'ailleurs évoqué fin mai déjà son départ de la politique d'ici septembre. "J'étais conscient que moi parti, le parti allait s'abîmer en dissensions. Je voulais pas de ça pour mon bébé, que j'ai porté sur fonds baptismaux et à bout de bras à travers ces années".

En ce qui concerne l'avenir, l'avocat continuera à exercer dans son cabinet. De même, il conserve son média en ligne, le Peuple, ex-quotidien syndicaliste socialiste bruxellois, dont il rachetait la marque en 2010 - l'homme a aussi repris l'hebdomadaire "Pourquoi Pas?" qu'il garde pour l'heure en réserve. L'idée étant de "poursuivre le débat d'idées et soutenir toute initiative légitime qui viendrait à éclore dans le futur". Sans volonté, à titre personnel, de peser dans le débat politique à terme.

A ce titre, le fondateur du parti à une énième fois souligné ce qui, selon lui, lui a joué des tours, à savoir une exclusion du débat médiatique en Wallonie et à Bruxelles, ce qu'il compare à la position d'un boxeur "qui doit combattre avec une main attachée dans le dos et un boulet à la jambe".

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