Le personnel aérien mal informé sur les rayons cosmiques

©© Ton Koene

Les pilotes et le personnel de cabine des compagnies aériennes ne sont pas assez informés sur les risques potentiels liés aux rayonnements cosmiques, prévient l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

Ils sont les premiers concernés par les risques liés à une exposition prolongée aux rayonnements cosmiques mais ils sont aussi parmi les personnes trop peu informées à ce sujet. "Les pilotes et le personnel de cabine des compagnies aériennes reçoivent de leur employeur trop peu d’informations sur les risques potentiels liés à ces rayonnements", constatent en effet l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et l’association de pilotes "BeCA" (Belgian cockpit association) au terme d’une enquête menée auprès de 400 membres navigants basés en Belgique (sur un total de 4.000 employés dans ce secteur). De quoi motiver l’AFCN à mieux faire circuler l’information à l’avenir.

Le rayonnement cosmique est un rayonnement ionisant naturel. Sur Terre, l’atmosphère et le champ magnétique terrestres nous en protègent. Lorsqu’on s’élève en altitude, cette protection s’amoindrit. Pour les pilotes et le personnel de cabine des avions, qui travaillent régulièrement à haute altitude, l’exposition cumulée sur une année est donc plus importante que pour des voyageurs occasionnels.

Les femmes enceintes plus à risque

Les résultats de l’enquête sont éloquents. 66% des répondants déclarent que leur employeur ne les a jamais informés des risques liés à l’exposition au rayonnement cosmique. Seulement 13% des répondants reconnaissent qu’ils sont directement informés par leur employeur sur les valeurs de leur exposition personnelle.

Un vol vers New York expose le voyageur à l’équivalent d’une radiographie de la mâchoire.

La plupart des collaboratrices enceintes (83%) cessent de voler dès qu’elles fournissent la déclaration de grossesse à leur employeur. Néanmoins, 9% continuent à voler après avoir remis cette déclaration et 8% ne déclarent pas la grossesse directement afin de pouvoir continuer à voler et de limiter la perte de salaire.

"Il est pourtant difficile d’estimer précisément et à titre individuel l’exposition réelle du personnel navigant des compagnies aériennes, indique Ines Venneman, porte-parole de l’AFCN. Cela dépend d’une série de paramètres très divers: nombre de vols effectués, durées, altitudes, itinéraires suivis…" Le rayonnement cosmique est en effet plus important au niveau des routes polaires qu’à des latitudes moins hautes. Un voyageur qui part de Bruxelles sera ainsi plus exposé s’il se rend au Japon que s’il gagne l’Amérique du Sud.

Beaucoup moins pour les passagers

Les doses à ne pas dépasser se mesurent en millisieverts. Les autorités distinguent ici l’exposition du grand public et celle à ne pas dépasser pour les professionnels.

Pour le grand public, on préconise un seuil de l’ordre d’un millisievert (ms) par an, en plus de l’exposition aux rayonnements naturels. À titre d’exemple, un vol vers New York expose le voyageur à une dose de 0,032 ms environ, soit l’équivalent à une radiographie de la mâchoire. "Un millisievert, cela correspond à une exposition moyenne reçue au cours d’une centaine d’heures de voyages en avion", précise Ines Venneman.

Pour les professionnels (pilotes et personnel de cabine), la limite est fixée à 20 millisieverts par an. "En Belgique, le personnel navigant ne dépasse généralement pas 6 millisieverts sur une année", précise-t-on à l’AFCN.

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