Le procès de l'ex-Anhyp va (enfin) démarrer

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Vingt-huit ans après la première plainte, le procès de l'ex-Anhyp va démarrer en France dans le courant du mois de mai.

Tout vient à point à qui sait attendre. Vingt-huit ans après le dépôt de la première plainte, le procès de la banque Anhyp (rachetée par Axa en 1999) va enfin démarrer devant le tribunal correctionnel de Nanterre, a-t-on appris auprès de l'Association des victimes d'Axa Bank Belgium (ADVA).

Une première audience a été fixée au 7 mai. "Enfin, les 278 emprunteurs, spoliés par la banque et ses complices, pourront demander justice et, nous l'espérons, obtenir dédommagement", nous a expliqué un responsable de l'association.

Mettre un pied en France à tout prix

L'affaire remonte à la fin des années 80 et concerne les activités de la banque Anhyp. À cette époque, soucieuse de mettre un pied en France, la banque, alors dirigée par le baron Claude de Villenfagne, a vendu des prêts à taux fixes en France. Et de 1986 à 1990, sous l'impulsion d'un cabinet de courtage dirigé par Jean-Claude Luce, la banque s'est mise à commercialiser des prêts à taux variables multidevises.

"Enfin, les 278 emprunteurs, spoliés par la banque et ses complices, pourront demander justice et, nous l'espérons, obtenir dédommagement."
L'Association des Victimes d'Axa Bank Belgium

Au début des années 90, souhaitant cesser ses activités en France, l'Anhyp a réclamé le remboursement des crédits alloués, entraînant la chute et la ruine de certains clients. Ces derniers, qui pensaient avoir conclu des contrats hypothécaires à long terme, se sont vus obligés de rembourser des crédits à court terme. Face à l'impossibilité de ces clients de rembourser les sommes dues, les saisies, les mises en liquidation et les ventes forcées se sont succédé.

Une enquête, lancée en Belgique, avait alors permis de découvrir que cette affaire n'était qu'une vaste escroquerie et que des dossiers avaient été ouverts auprès de centaines de particuliers pour un montant de 282 millions d'euros. Dans cette affaire, Axa Bank Belgium (ex-Anhyp) a été renvoyée en correctionnelle pour escroquerie, faux en écriture publique et usage de faux commis en Belgique et en France. La bataille judiciaire avait été féroce avant que la cour d'appel de Versailles, rappelant "qu'AXA Bank détenait des actifs qu'elle savait susceptibles d'avoir été obtenus à l'aide d'infractions", décidait de renvoyer en mars 2019 AXA Bank Belgium, l'ex-boss de l'Anhyp, un notaire et un courtier en correctionnelle. La banque avait interjeté un pourvoi en cassation qui avait été rejeté.

Aujourd'hui, alors que certains emprunteurs ont été ruinés dans l'aventure, l'association ADVA fait savoir qu'elle est disposée à prendre leur défense en charge. Tous se retrouveront au tribunal le 7 mai prochain.

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