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Le rapport sur le passé colonial préconise une indemnisation des victimes

Plusieurs statues de Léopold II ont fait l'objet d'actes de vandalisme, l'année dernière. ©saskia vanderstichele

Le rapport des experts sur le passé colonial de la Belgique laisse cependant aux parlementaires membres de la Commission Congo le soin d’en décider les contours.

Le très attendu rapport des experts sur le passé colonial de la Belgique a été publié mercredi sur le site internet de la Chambre. Ces experts avaient reçu pour mission, il y a un an et demi, de réfléchir aux voies de (ré)conciliation de la Belgique avec son histoire coloniale.

La publication de leur rapport, première étape de l'action "vérité et réconciliation", s’inscrit dans le cadre de la commission spéciale de la Chambre, laquelle avait été mise en place durant l’été 2020 après la mort de l’Afro-Américain George Floyd aux États-Unis. En Belgique, plusieurs statues du roi Léopold II avaient à l’époque fait l’objet d’actes de vandalisme en réaction à cet évènement.

Dans quelques semaines, ce nouveau rapport fera l'objet d’auditions et de consultations au Parlement qui auront pour vocation de nourrir le débat à l’échelle de la société toute entière, explique Wouter De Vriendt, président de la commission spéciale.

Réparations

La question des réparations est la plus sensible de tout ce processus. Le rapport estime notamment que des compensations financières pourraient être accordées aux victimes de méfaits coloniaux en Belgique, au Congo, au Rwanda et au Burundi.

Les experts appellent ainsi la Belgique à lancer une procédure d’octroi de réparations aux afrodescendants, avec le remboursement de certains soins médicaux et thérapeutiques, sans toutefois en préciser les montants.

Si cette recommandation de réparations est suivie d’effet, il est vraisemblable que certaines entreprises qui se sont enrichies dans les colonies seront appelées à amener une contribution. L’économie coloniale, basée sur l’exploitation du caoutchouc, des minerais, du coton, de l’huile de palme et de l’ivoire, a permis de bâtir des fortunes en Belgique, alors que les Congolais souffraient de travail forcé, de pauvreté et de faim. Le rapport pointe ainsi le rôle de plusieurs entreprises dans l’ancienne colonie.

S’il est un jour véritablement question de réparations, il est probable que l’on s’intéresse notamment à certaines anciennes entreprises coloniales comme l’Union minière, la compagnie maritime CMB, le producteur de coton Texaf, ou encore certaines entreprises ayant eu des racines coloniales.

Un rapport épais, mais peu directif

Reste à savoir si ce rapport aidera les parlementaires dans la difficile tâche qui les attend. En réalité, cet épais document avance surtout des recommandations vagues. Ainsi, il préconise un plan global contre le racisme et les discriminations, mais aussi un enseignement plus éclairant sur le passé colonial de la Belgique et une réflexion sur la décolonisation dans la présentation des œuvres dans les musées. Rien de bien neuf.

L’idée d’une journée nationale de commémoration pour les victimes de la colonisation avancée par le rapport est par contre originale et serait d’ailleurs unique au monde. Le document plaide d’ailleurs aussi pour des quotas de recrutement de personnes d’origine africaine dans les services publics et sur les listes électorales.

Après 680 pages, la conclusion générale du rapport semble toutefois légère. Les experts, venus d’horizons divers, recommandent de "prendre le temps d'un processus transparent et inclusif ". Ce processus est d’ailleurs assimilé à une lente "marche en montagne". En d'autres termes: un voyage épuisant attend la Commission parlementaire spéciale.

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