Le réviseur PwC poussé vers la sortie chez Nethys

©anthony dehez

Soupconné par la direction de Nethys de nombreux manquements lors de sa mission de contrôle, le réviseur PwC a remis sa démission.

"Nethys a décidé d’examiner si la mission du réviseur s’est effectuée conformément aux standards professionnels de la profession de réviseur dont PWC se revendique."
Nethys/Enodia

Fin de partie pour le consultant-réviseur PwC, chez Nethys. La direction de Nethys et d'Enodia a fait savoir, ce lundi, que "PwC a démissionné de son mandat juste avant l’approbation des comptes 2020 dans les différentes sociétés du groupe ainsi que chez Enodia". Il s’agit a priori d’une demi-surprise tant il semblait que PwC était sur la sellette depuis plusieurs mois. "Dans la mesure où l’audit des comptes des années concernées (2017 et 2018) avait fait l’objet d’un rapport favorable, sans remarque ni réserve du réviseur du groupe (PwC), Nethys a notamment décidé d’examiner si la mission du réviseur s’est effectuée conformément aux standards professionnels de la profession de réviseur dont PWC se revendique. Nethys avait, préalablement à la revue des comptes 2020, informé PwC de l’instruction de ce dossier", indique l’intercommunale.

De son côté, Peter D'hondt, Managing Partener chez PwC explique "qu'à la lumière des développements récents, nous nous sommes retrouvés dans une situation qui a rendu impossible de continuer notre mandat."

"A la lumière des développements récents, nous nous sommes retrouvés dans une situation qui a rendu impossible de continuer notre mandat."
Peter D'hondt
Managing Partner chez PwC

Pour comprendre ce dossier, il faut replonger dans l’opération anti-fraude confiée au consultant Deloitte par la nouvelle direction de Nethys, en novembre 2019. Afin de "mesurer l’étendue et dresser le constat de tous les faits ou pratiques douteux entre 2017 et 2019" dans la galaxie de Nethys et ses filiales, il a été découvert que l’ancienne direction de Nethys utilisait un compte bancaire secret ouvert chez ING et alimenté en toute discrétion par des factures internes. D’après le rapport de Deloitte, il s’est avéré que ce compte n’était soumis à aucun contrôle du département financier et était géré par le seul management. Plus de 40 millions ont pourtant transité via ce compte.

40
millions d'euros
La direction de Nethys reproche à PwC un manque de vigilance dans sa mission de contrôle. Un compte secret par lequel ont transité 40 millions d'euros n'avait visiblement pas inquiété le réviseur de Nethys.

Au moment de révéler les faits en décembre 2020, la direction de Nethys s’était montrée surprise par la position de leur réviseur PwC. Alors qu’il a été appelé à contrôler les factures internes servant à alimenter le compte, PwC n’aurait pas émis la moindre inquiétude.

"Chantage" exercé par PwC

"Vu l’ampleur des irrégularités déjà constatées, le conseil d’administration de Nethys a refusé cette condition, qui s’est apparenté à une forme de chantage."
Nethys/Enodia

Ce départ de PwC – plutôt qu’une lettre de renon envoyée par Nethys – met aujourd’hui au grand jour les tensions qui existent entre les deux parties. La direction de Nethys va jusqu’à parler de "chantage" exercé par PwC. "À l’issue de sa revue des comptes 2020, PwC a demandé à Nethys de lui confirmer que ni Nethys ni d’autres sociétés du groupe Enodia n’envisageait d’aucune manière d’intenter une action à l’encontre de PwC pour ses missions effectuées en 2017 et en 2018. Vu l’ampleur des irrégularités déjà constatées, le conseil d’administration de Nethys a refusé cette condition, qui s’est apparenté à une forme de chantage. Le conseil d’administration d’Enodia s’est également prononcé dans le même sens."

Au final, PwC a préféré démissionner sans pouvoir ouvertement "offrir davantage de précisions sur ce dossier", explique Peter D'hondt en avancant la "confidentialité des informations".

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