Le système belge de soins de santé est accessible mais pas toujours efficace

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Le KCE juge le système belge accessible mais pas toujours efficace, surtout au niveau de la prévention et de la santé mentale.

Le système des soins de santé en Belgique est reconnu et apprécié pour sa qualité et son accessibilité. Ce qui ne dispense pas de continuer à l’améliorer. C’est ce que montre le rapport 2019 du KCE, le centre fédéral d’expertise des soins de santé, sur le niveau de performance du système belge.

Cet exercice, qui est réalisé tous les trois ou quatre ans depuis 2007, s’inscrit dans une démarche internationale de monitoring des systèmes de soins de santé en Europe. Cinq paramètres sont pris en considération: la qualité, l’accessibilité, l’efficience, la soutenabilité financière et l’équité des soins. Le tout réparti sur 121 indicateurs. À travers les 120 pages du rapport, le KCE attribue des bons et des mauvais points, dont voici les principaux.

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Des soins accessibles. Les dépenses de santé représentent 10% du PIB belge. Un chiffre stable depuis 2009, bien que légèrement supérieur à la moyenne européenne. Le KCE décrit le système belge comme "relativement accessible, grâce à l’assurance-maladie obligatoire, doublée de filets de sécurité sociaux pour les revenus les plus faibles (intervention majorée, maximum à facturer)". Environ 99% de la population est couverte par une mutuelle et les contributions personnelles par habitant sont en diminution. Par contre, la couverture des services pour les soins dentaires laisse à désirer.

10%
Les dépenses de santé représentent 10% du PIB belge, un chiffre stable depuis 2009 et un peu supérieur à la moyenne UE.

Equité perfectible. Le pourcentage de personnes ayant dû reporter une visite chez le médecin pour des raisons financières reste plus élevé que la moyenne européenne. Parmi les personnes défavorisées, on note une moindre participation au dépistage du cancer, une fréquence moins élevée des visites chez le dentiste et une consommation plus élevée de médicaments.

Pénurie de généralistes. Le nombre de médecins généralistes en exercice pose problème, mais aussi leur âge moyen. "Contrairement aux besoins évalués par la commission de planification, les jeunes diplômés s’orientent toujours trop vers la médecine spécialisée au détriment de la médecine générale", constate le KCE. De même, dans les hôpitaux, on peine à recruter du personnel infirmier, "de quoi alimenter une réflexion sur la politique de rétention de ce personnel qualifié".

Trop d’antibiotiques. Les Belges consomment trop d’antibiotiques (2,5 fois plus qu’aux Pays-Bas), ce qui pose un problème de résistance aux antibiotiques. Des campagnes de sensibilisation ont lieu depuis l’an 2000, avec certains résultats, sauf dans les maisons de repos où 62% des résidents ont reçu des antibiotiques sur l’année écoulée.

Vaccination insuffisante. Outre le problème de la vaccination contre la rougeole qui régresse en Wallonie et à Bruxelles (sous l’influence des théories complotistes venues de France), le KCE déplore un taux de vaccination insuffisant contre la grippe parmi les personnes âgées (sauf chez les résidents des maisons de repos).

Délais d’attente en santé mentale. Les délais pour accéder aux centres de santé mentale ne cessent de s’allonger. Les taux d’hospitalisation en psychiatrie continuent d’augmenter, tout comme la consommation d’antidépresseurs. Le taux de suicides, lui, diminue, même s’il reste assez élevé.

Mère et nouveau-né. Le taux de mortalité néonatale en Belgique est très bas. Par contre, le nombre de visites prénatales n’est pas optimal: généralement trop élevé, sauf pour les femmes issues de milieux précarisés où il est trop faible. Certains tests de dépistage (toxoplasmose, cytomégalovirus) sont surutilisés.

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