Le testing du Covid recentré sur les cas symptomatiques

Dorénavant, seuls les personnes présentant des symptômes, le personnel soignant et les personnes âgées seront testés. ©Photo News

Face à l'engorgement des centres de dépistage, les ministres de la Santé du Fédéral et des entités fédérées se sont mis d'accord pour cibler les tests et renforcer les centres.

Après plusieurs heures de discussions, les ministres de la Santé du pays, réunis lundi après-midi en comité interministériel, se sont mis d’accord pour revoir, en partie, la stratégie de testing. Il a été décidé que l’on ne testerait plus que les cas Covid symptomatiques.

Les 143 centres de test et les laboratoires sont en effet en surchauffe. Certains centres ont fermé leurs portes (comme à Lasne, Liège ou Verviers), d'autres ont pris la décision de renvoyer chez eux toutes les personnes asymptomatiques.  

Afin d’alléger la pression, il a donc été décidé de se concentrer sur les cas les plus urgents en ne testant plus que les gens présentant des symptômes Covid, ainsi que les professionnels de la santé et les personnes de plus de 65 ans et fragiles.  Les personnes qui ont été en contact avec un cas positif seront soumises à la quarantaine (10 jours) mais plus aux tests obligatoires. Même chose pour les personnes qui reviennent de zone rouge et qui n’ont pas de symptômes.

Un pari sur la bonne volonté

Pour l’épidémiologiste Yves Coppieters (ULB), cette stratégie fait le pari de l’isolement spontané sur la base de la bonne volonté des gens, "avec les résultats que l'on connaît...", dit-il. Un pari risqué donc, mais qui permettra de désengorger les centres de dépistage dont la situation intenable rend la stratégie de testing inefficace.

En effet, les délais pour recevoir les résultats s’allongent, seul un patient sur deux obtient son résultat dans les 24h. Or, entre le prélèvement et le résultat, les personnes asymptomatiques ne se mettent pas nécessairement en quarantaine. 30 à 40% des asymptomatiques sont pourtant contaminants, et parfois à un niveau élevé, dit Coppieters.

30%
30 à 40% des asymptomatiques sont contaminants.

Dans d’autres cas, les personnes se mettent en quarantaine inutilement, avec les conséquences que l’on sait en termes d’effectifs dans des secteurs comme l’enseignement ou les soins de santé. Enfin, tant que le résultat n’est pas connu, la personne malade reste aussi dans une incertitude angoissante.

Une solution provisoire

Pour Yves Coppieters, cette stratégie de reciblage du testing ne peut être qu’une solution provisoire en attendant que soit opérationnelle la plateforme fédérale. "On s’approche ici de la situation du mois de mars, où l’on ne testait que les personnes sérieusement malades", dit-il. Or,  le gouvernement fédéral s'est fixé comme objectif de doubler la capacité de test, pour passer de 50.000 tests par jour à 100.000.

"On s’approche ici de la situation du mois de mars, où l’on ne testait que les personnes sérieusement malades."
Yves Coppieters
Epidémiologiste (ULB)

Mais pour y parvenir, il faudra attendre début novembre et l’arrivée de la plateforme. Elle servira à relier les opérateurs universitaires, fournir davantage de matériel, et centraliser l’informatique pour le traitement des résultats.

Les ministres de la Santé devaient aussi discuter d’une extension de l'arsenal de testing aux tests salivaires (qui existent déjà en certains endroits, mais ne sont pas généralisés) ou aux tests sérologiques. Cette extension était recommandée par les épidémiologistes, mais aucun accord n'a été trouvé à ce stade.

Les centres de dépistage vont être renforcés. Quatre nouveaux centres vont être créés en Wallonie, du personnel supplémentaire va être mis sur le terrain (les logopèdes et les sages-femmes pourront également effectuer des tests, et la piste des étudiants en médecine et des puériculteurs est étudiée). L'outil de rendez-vous en ligne va aussi être activé cette semaine afin de réduire les files d'attente.

Enfin, le traçage des contacts va être renforcé par l’engagement d’agents supplémentaires en Wallonie (on passera de 230 à 400 agents).

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés