Le tribunal veut de la clarté dans l'affaire Jourdain

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Le juge a prononcé la réouverture des débats dans l'affaire Stéphan Jourdain ce lundi en début d'après-midi.

Le président de la 89e chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Bruxelles a demandé une série d'informations complémentaires dans le cadre du procès de l'homme d'affaires bruxellois Stéphan Jourdain. Il a finalement prononcé la réouverture des débats le 22 janvier prochain à 14h.

Dans un jugement avant dire droit (qui ne tranche pas le litige), le président a demandé au Procureur du roi de se faire délivrer les pièces d'une procédure pénale ayant globalement porté sur les mêmes faits que la procédure bruxelloise. L'idée étant de comprendre l'origine des mouvements entre les comptes des entités exploitées par l'homme d'affaires et ses propres comptes.

Stéphan Jourdain est poursuivi pour des faits de faux, usage de faux, abus de biens sociaux, détournement, faillite frauduleuse et organisation d'insolvabilité.

La défense de Stéphan Jourdain avait expliqué ces mouvements par le biais d'une créance originelle de 700 millions de francs belges. La preuve de cette créance apparaîtrait dans les pièces de la procédure namuroise. S'il est trop tôt pour tirer des conclusions, cette décision, "prise dans l'intérêt de l'exercice des droits de la défense", n'est pas une mauvaise nouvelle pour Stéphan Jourdain.

Lui reprochant l'opacité des mouvements financiers entre différents comptes, le ministère public avait requis une peine de 3 ans de prison avec sursis et la confiscation de ses biens à hauteur de 20 millions d'euros.

Fondateur du Cercle de Lorraine et ex-propriétaire des Jardins d'Annevoie et des Laminoirs de Longtain qu'il avait repris en 2015 avant de les céder, Stéphan Jourdain est poursuivi devant la justice bruxelloise pour des faits de faux, usage de faux, abus de biens sociaux, détournement, faillite frauduleuse et organisation d'insolvabilité, au travers de ses nombreuses sociétés, au cours des dix-huit dernières années.

"Pas la moindre plainte"

"Cette décision du président est une gifle pour le parquet de Bruxelles."
Stéphan Jourdain

"Cette décision du président est une gifle pour le parquet de Bruxelles qui, pour rappel, a enquêté d'initiative pendant cinq ans et demi sur les dix-huit dernières années des activité de toutes mes sociétés alors qu'il n'y avait pas la moindre plainte", nous a déclaré Stéphan Jourdain à l'issue de l'audience. "Entendre le président dire que le dossier est "obscuri libelli" donc insuffisamment compréhensible pour lui permettre de le juger, ce n'est pas glorieux pour le parquet, a-t-il encore ajouté avant de préciser qu'il avait lui-même - vainement - demandé aux enquêteurs d'aller rechercher les pièces de ce dossier namurois vieux de vingt ans, ce qui lui aurait permis de prouver ses dires. 

Il termine en rappelant "n'être inculpé de rien, n'avoir face à lui comme partie civile que Fortis pour 1 euro symbolique ainsi que le curateur d'une sprl d'Annevoie pour, en tout et pour tout, 600.000 euros et, surtout, ne pas avoir eu droit à un juge d'instruction qui aurait examiné son dossier également à décharge". 

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