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Le vaccin protège, même si 64% des hospitalisés covid sont vaccinés

©BELGAIMAGE

Les vaccinés courent moins de risques d'hospitalisation pour covid, et encore moins d'entrer aux soins intensifs. Ils représentent tout de même 64% des hospitalisés.

On en sait davantage, désormais, sur le statut vaccinal des personnes qui souffrent du covid. La collecte des informations n'est toujours pas parfaite: le statut vaccinal de 14% des nouveaux hospitalisés pour cause de covid reste inconnu. Abstraction faite de ces cas-là, 64% de ceux qui ont dû entrer à l'hôpital entre le 21 octobre et le 3 novembre étaient complètement vaccinés, montrent les chiffres publiés vendredi par Sciensano.

"Le vaccin protège, et surtout il protège contre les formes les plus graves de la maladie."
Pedro Facon
Commissaire corona

C’est beaucoup, mais c'est moins que la proportion des vaccinés dans la population totale, qui est désormais de 74,4%. Des vaccinés qui se retrouvent encore en proportion plus faible aux soins intensifs, où ils représentent 54% des personnes admises ces 14 derniers jours.

"Cela démontre que le vaccin protège, et surtout qu’il protège contre les formes les plus graves de la maladie", souligne Pedro Facon, le commissaire corona.

Très différent selon les âges

En regardant les chiffres plus en détails, on observe que la protection offerte par le vaccin est nettement moindre pour les personnes de plus de 65 ans. Du côté des contaminations, dans cette classe d’âge, le taux de contamination est même plus élevé chez les vaccinés complets (454/100.000 sur 14 jours) que chez les non-vaccinés ou les vaccinés partiels (329,9/100.000).

"Cela peut s’expliquer par le fait que les profils de santé de ces deux catégories ne sont pas identiques", décode Pedro Facon. "Nous pensons également que la population vaccinée a peut-être davantage de contacts, et des contacts moins sécurisés."

18-64
ans
Tranche d'âge de la population chez qui le risque d'hospitalisation est presque 9 fois moins élevé en cas de vaccination.

Une situation qui vient également de la diminution de l'efficacité vaccinale au fil du temps, surtout chez les immunodépressifs et les plus âgés. "C'est pour cette raison que l'on a recommandé l'administration d'une troisième dose 'booster' à ces catégories de la population", rappelle Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

Dans les autres classes d’âge, par contre, avoir reçu ses deux doses de vaccin diminue toujours nettement le risque de contamination. Le risque est divisé par deux pour les 18-64 ans, et par six pour les 12-17 ans.

Surtout contre les formes graves

Si l'on passe aux hospitalisations, on voit qu'une vaccination complète diminue par contre le risque pour toutes les classes d'âge, mais avec un effet plus important chez les plus jeunes. Aucun jeune de moins de 17 ans n'a été hospitalisé ces 14 derniers jours. Pour les 18-64 ans, le risque d'être hospitalisé est presque 9 fois moins élevé pour les vaccinés. Pour les 65-84 ans, le risque est trois fois moindre si l'on a reçu ses deux injections. Pour les 85 ans et plus, les chiffres sont moins contrastés, mais il s'agit de personnes plus fragiles en général et les statistiques portent sur de plus petits nombres.

Lors des vagues précédentes, quand les contaminations grimpaient de 100%, les hospitalisations connaissaient une hausse de 53%. Selon les estimations, elle n'est plus aujourd'hui que de 35%.

L'effet protecteur du vaccin est plus spectaculaire encore si l'on se focalise sur les personnes entrées aux soins intensifs ces deux dernières semaines: le risque est 14 fois moindre d'aboutir dans un de ces lits hypermédicalisés pour les vaccinés de 18 à 64 ans que pour les non vaccinés de la même tranche d'âge; 4,5 fois moindre pour les vaccinés de 65 à 84 ans que pour les non vaccinés du même âge; et 2 fois moindre pour les vaccinés de 85 ans et plus que pour les non vaccinés de la même génération – ici encore, les comorbidités jouent probablement un rôle important.

"La vaccination a aidé à diminuer la proportion de personnes infectées qui doivent être hospitalisées et qui doivent être admises en soins intensifs. Elle reste notre meilleur outil, même s'il ne s'agit pas d'un outil parfait", conclut Pedro Facon.

"Malheureusement, la part de la population des plus de 65 ans qui a reçu sa troisième dose est encore trop faible", observe Yves Van Laethem. "Et plus le virus circule, plus des gens sont touchés. Je conseillerais aux personnes à haut risque, à cause de leur âge ou parce qu'elles sont immunodéprimées, de prendre des précautions supplémentaires, comme porter davantage le masque, passer au masque FFP2 ou se laver mieux les mains."

Sciensano travaille à une analyse plus approfondie des profils des patients et de leur statut vaccinal, qui indique notamment le moment de la vaccination et le type de vaccin reçu, et qui devrait être disponible d'ici la fin novembre.

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