Le végane a failli avoir la peau de la pâtisserie Chanson

©doc

Lorsqu’elle a pensé proposer des viennoiseries végétaliennes, la pâtisserie Chanson ne pensait pas que cela impacterait ses comptes. En réorganisation, le pâtissier compte bien se relancer.

Confrontée à un passif financier trop difficile à combler, la pâtisserie Chanson a dû se tourner vers le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles pour se mettre à l’abri de ses créanciers par le biais de la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Le plan en vue de sortir de PRJ a été déposé le 16 mai dernier et le vote des créanciers a lieu ce mercredi.

Avant de créer sa boulangerie à Anderlecht en 2007, Pascal Chanson a fait ses armes à la Villa Lorraine et au SAS Grill d’Yves Mattagne. A priori, tout aurait dû sourire à l’artisan boulanger qui, face au succès de ses nombreuses recettes de pain – notamment sans gluten –, a ouvert un second point de vente à Jette. Et au début de l’année 2018, l’enseigne Chanson a retenu l’attention de tous les gourmets en étant la première boulangerie à proposer des produits 100% végétaliens. C’est pourtant cette aventure qui a causé les difficultés financières rencontrées par Chanson ces derniers mois.

Comptes dans le rouge

323.000 €
Le montant du passif financier de la boulangerie Chanson, un trou creusé par les efforts fournis afin de proposer une gamme de viennoiseries véganes.

"Ce passage au végane a engendré beaucoup de frais et le boulanger a dû interrompre son activité le temps de tout mettre en place" nous a expliqué mercredi Nicholas Ouchinsky, l’avocat de la société, à la sortie de l’audience consacrée au vote du plan visant à sortir de la PRJ. En réalité, lorsqu’il a décidé de réserver une partie de sa production au végane, Pascal Chanson a investi beaucoup d’argent dans la recherche et le développement et il a engagé du personnel. Mais surtout, il a dû interrompre son activité le temps de mettre en place un deuxième atelier. Pas question de produire des viennoiseries végétaliennes sur les mêmes plans de travail que les traditionnelles. Ces différents investissements, on s’en doute, ont pesé sur la trésorerie, poussant les comptes de Chanson dans le rouge à hauteur de 71.000 euros en 2016 et de 112.000 euros en 2017. Lors de l’audience au tribunal de l’entreprise de Bruxelles mercredi, le juge délégué a fait état d’un passif de 323.000 euros.

Afin de faire voter le plan, les responsables de la société ont décidé de rembourser les banques et les partenaires publics à hauteur de 100% sur une période comprise entre 24 et 60 mois en fonction des catégories. Le personnel, qui figure aussi parmi les créanciers, sera également remboursé à 100%. Seuls les créanciers ordinaires verront leurs créances rabotées à 30%, comme la loi le permet et comme c’est souvent l’usage. Le gérant de la société a lui-même accepté d’être remboursé à 30% et ce, après la bonne exécution du plan.

Mesures de redressement

Bien entendu, ce remboursement étalé des dettes ne suffira pas à la pâtisserie Chanson pour sortir de l’ornière. L’avocat de la société a présenté un plan en différents points afin de redresser la barre et de pouvoir poursuivre l’aventure. Premièrement, et c’est une bonne nouvelle, il semble que les efforts en recherche et développement ont payé puisqu’une nouvelle gamme de produits est annoncée par l’artisan boulanger, comme l’a confirmé le juge délégué au cours de l’audience. Le système de distribution des produits a également complètement été revu, précisant que l’accent a été mis sur la production. Une autre mesure portera sur la hausse des prix des produits vendus, sachant que jusqu’à présent, Chanson se situait en dessous de la moyenne des prix pratiqués par ses concurrents. Une autre mesure porte sur les heures d’ouverture des établissements qui vont être réduites. Enfin, deux des points de vente de Chanson vont être externalisés, nous a encore expliqué Nicholas Ouchinsky, précisant que Pascal Chanson gardait son point de vente historique à Anderlecht. Ces différentes mesures devraient permettre de remettre Chanson sur les rails, de quoi rassurer également les huit employés de la société. Lors de l’audience au tribunal le vote des créanciers fut positif. L’affaire a été prise en délibéré, un jugement devrait être rendu d’ici la semaine prochaine.

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