Le vieillissement pourrait mener le déficit à 25% du PIB

L'agence de notation S&P dévoile des projections alarmistes pour les finances des États. Dès 2030, tous les États perdraient leur rating AAA.

Le déficit belge à 25,3% du Produit intérieur brut en 2050? Ce chiffre fait froid dans le dos. Il est évidemment purement hypothétique. Il provient d’une simulation réalisée par Standard & Poor’s dans une étude sur le vieillissement de la population. En tablant sur un PIB d’environ 400 milliards d’ici 40 ans, cela ferait donc 100 milliards de déficit! Inimaginable, évidemment.

L’institut a évalué la manière dont se dégraderaient les finances publiques de 50 pays dans le monde sous la pression du vieillissement de la population. La projection est faite à politique inchangée, avec des taux et une démographie stable. Peu de risques, donc, qu’on en arrive là.  "Cette étude démontre néanmoins à quel point le vieillissement aura un impact déterminant sur les finances publiques, sur la croissance économique, et donc sur les politiques à mener dans le long terme, explique S&P. Si rien ne bouge, au niveau politique surtout, le poids du vieillissement deviendra insoutenable", ajoute en substance l’institut.

Globalement, pour les 50 pays, le déficit connaîtrait une relative stabilité pendant 10 ans avant de grimper à 17,3% du PIB en 2050, contre 5,3% actuellement. Aux Etats-Unis, ce déficit représenterait à terme (2050) 30% du PIB, contre 10,4% actuellement. En Europe, on atteindrait 23,3% du PIB, contre 5,5% aujourd’hui. 

L’institut a aussi évalué comment évoluerait la dette des pays.  Là aussi, les chiffres ont de quoi donner des sueurs froides aux dirigeants. La dette belge à 353% du PIB en 2050. En moyenne, pour les 50 pays étudiés, la dette grimperait à 245% du PIB, contre un peu moins de 40% actuellement.  Aux États-Unis, elle exploserait à 415,1% du PIB, en Europe, 315%.

 Cela fait longtemps maintenant que l’on tire la sonnette d’alarme face à l’évolution démographique. Chez nous, le Comité d’étude sur le vieillissement (CEV) a actualisé, l’été dernier, ses données. Le CEV a ainsi calculé que le coût budgétaire du vieillissement passera de 25,5% du PIB actuellement à 31,8% en 2060. Soit une hausse de 6,3% entre 2009 et 2060.

Dégradation des notes

Pour Standard & Poor’s, si aucune mesure n’est prise, ces chiffres auront aussi un impact redoutable sur la notation des dettes souveraines des pays. C’est bien simple, à politique inchangée, dès 2030, plus aucun pays ne bénéficiera de la meilleure notation AAA. "Dès le milieu des années 2030, précise S & P, les caractéristiques budgétaires de la majorité des États seraient comparables à celle de pays dont la dette est de nature ‘spéculative’".

Si, par contre, les gouvernements mettaient tout en œuvre pour contrer le processus en cours, la dégradation des notes souveraines n’aurait pas lieu. 

Standard & Poor’s reste néanmoins optimiste. "Les gouvernements semblent avoir pris la masure du défi", constate l’institution. Mais les changements ne se mettront pas en place aisément. Notamment car les seniors risquent de s’opposer à des réformes défavorables pour eux. Or, ils seront de plus en plus nombreux…

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés